Extrait du livre d’Edmond FILLON 1/2

En 1950, Edmond FILLON, fils de Théophane et Marie FILLON (fondateurs de la société en 1901), a écrit un livre « LA TECHNIQUE DES FETES DE PLEIN AIR » à l’attention des organisateurs de fêtes de l’époque.
Même si l’époque n’est plus la même, si le public et les mentalités sont différents, si l’on y parle en Francs, … cet ouvrage présente quelques ‘fondamentaux’ encore d’actualité aujourd’hui et surtout une multitude d’idées d’animation.

Voici une première partie qui comprend 2 chapitres :
1. Organisation générale
2.Organisation du Spectacle

Livre Edmond Fillon

« LA TECHNIQUE DES FETES DE PLEIN AIR » 

PRELIMINAIRES DE LA FETE 

1-      ORGANISATION DE LA FETE 

Il s’agit de fêtes d’été, nous insistons par opposition aux fêtes d’hiver qui se font en salle, dans un cadre réduit et suivant un programme strictement limité. Les premières atteignent d’ailleurs un public très étendu. Leur organisation offre une large place à l’initiative, aux idées originales, inédites, susceptibles de plaire à un public venu là oublier la monotonie de chaque jour. 

LES ORGANISATEURS 

Le responsable moral, en général personnalité laïque ou religieuse.

Le responsable technique, celui à qui échoit l’organisation pratique de la fête.

Les collaborateurs actifs de la fête répartis en commissions qui exécutent les ordres donnés par le responsable technique, qui est le Directeur de la fête.

 

CHOIX DE LA DATE 

A la première réunion du Comité organisateur, c’est à dire, plusieurs mois à l’avance on fixera la date de la fête. Il s’agit, dès le début de l’année, pour ne pas être pris au dépourvu, de prendre rang dans le calendrier des fêtes organisées par les diverses sociétés ou groupements. C’est le mois de juin qui est le plus favorable à la réussite des fêtes de plein air (belles et longues journées, soirs propices aux fêtes de nuit, affluence maxima, les vacances n’étant pas commencées). S’il nous fallait établir un ordre préférentiel dans le choix des mois, nous citerions : Juin, Juillet, Mai, Août, Septembre.

 

CHOIX DU TERRAIN 

Ce choix est important car il conditionne en partie la réussite de la fête. En règle générale, le terrain doit être vaste, sans exagération toutefois, ombragé et herbeux. Il est bien évident que le lieu souhaitable entre tous est la prairie dont on veillera à faire tondre l’herbe très court quelques jours à l’avance. Mais à défaut de ce lieu idéal, une grande cour ombragée ou un vaste coin de parc, peut très bien convenir à ce genre de fête à condition que le terrain ne soit ni poussiéreux ni caillouteux.

 

PATRONAGE DE LA FETE ET OFFICIELS A INVITER 

Le Patronage de la fête peut être demandé à une personnalité locale ou extra locale, pour donner plus de cachet à la fête ; Cette personnalité sera l’invitée d’honneur. Une délicate question qu’il convient de ne pas oublier mais de traiter avec beaucoup de tact est celle des Officiels. La qualité des Officiels à inviter varie d’une fête à l’autre selon le caractère, le but ou l’ampleur de celle-ci. Ces Officiels dont on aura au préalable dressé la liste avec beaucoup de soin et d’attention, feront l’objet : soit d’une invitation verbale de la part du président du comité organisateur, s’il s’agit de personnalités importantes ; soit d’une invitation écrite s’il s’agit de fonctionnaires ou de toute autre personnalité.

Ces officiels doivent être présents dans le cortège envisagé. Il importe alors de leur donner une place adéquate en se référant à l’ordre hiérarchique ou protocolaire conditionné par la qualité de chacun d’eux. Sur le lieu même de la fête, un emplacement parfaitement situé leur sera attribué. Chaque personnalité sera conduite à la place qui lui est réservée par le délégué à la réception. In vin d’honneur sera, le cas échéant offert. En tout cas, le Président du comité ou son représentant se tiendra par courtoisie en relation constante avec les Officiels pendant la durée de la fête.

 

SUJETS DE KERMESSE 

C’est le choix que dépendra le succès de la kermesse, à l’origine fête populaire et foire accompagnée de réjouissances. Aujourd’hui un public plus averti apprécie d’avantage la qualité artistique et le bon goût. Il faut donc éliminer tout sujet banal. La réussite en sera d’autant plus grande que le thème en sera original et renouvelé. Voici des thèmes de fête suscitant toujours l’intérêt et la curiosité du public, et qui peuvent servir de thèmes de défilés.

 

–          Reconstitution Historique ayant un caractère régional ou national.

–          Les Contes de Perrault.

–          Les Fleurs.

–          Les Saisons.

–          Les Provinces Françaises.

–          La Fête coloniale.

–          Les Métiers.

–          Les Sports, etc…

 

LA PUBLICITE 

On désignera une commission de deux ou trois personnes connues pour leur dynamisme qui sera chargée de tenir la population en haleine jusqu’au jour de la fête par les moyens que nous allons vous indiquer pour créer l’ambiance favorable à la manifestation.

 

            1° La Parole : la réclame verbale sera faite par les organisateurs, leurs amis, leurs enfants, leur famille, etc…

 

            2° La Presse : On sollicitera les journaux locaux pour faire insérer les communiqués annonçant la fête. Ils devront toujours être brefs et assez mystérieux pour attirer et maintenir l’attention du public. A mesure qu’approchera la date de la fête, les communiqués seront plus détaillés et plus alléchants et donneront le programme entier de la kermesse, ainsi que l’ordre et la composition du cortège, s’il y a lieu, son itinéraire, puis une énumération vivante des comptoirs et des attractions.

 

            3° L’Affiche : Banderoles et placards. On fera imprimer et placarder des affiches d’un format aussi grand que possible annonçant aux habitants des localités voisines la manifestation et succinctement son programme. Il ne faut pas lésiner sur le nombre des affiches car c’est un excellent moyen, susceptible et toucher un public très dispersé. L’affichage se fera sur les murs des villages, vitrines des commerçants, voitures, camions et autobus effectuant des sorties régulières et fréquentes (laitiers, épiciers, transporteurs, etc.). Le texte de l’affiche doit être court et plein, imprimé en gros caractères bien détachés attirant l’œil et pouvant être lus vivement, même de loin.

 

            4° Le Tract : On fera distribuer les tracts huit jours avant la fête à la sortie des offices, des spectacles, des écoles, dans les cafés, hôtels, sur les marchés, partout où il y a une agglomération de personnes.

Une autre forme indirecte de publicité que l’expérience nous a révélé excellente est de prendre tous les enfants sans distinction pour participer au défilé, évolutions, etc. ; qui amèneront automatiquement la présence des parents et amis à la fête.

 

Les Hommes Sandwichs : les hommes sandwichs sont fort connus en ville, et ignorés à peu près dans les petits pays. Il s’agit de déguiser un ou plusieurs joyaux lurons dans le style de la kermesse et de leur faire porter sur le dos, un panneau de bois sur lequel sera inscrit le programme de la fête. Ils distribueront des tracts et invitations et le cas échéant ils peuvent vendre des programmes.

 

La Voiture Publicitaire : Une publicité adroite qui donne à la campagne de bons résultats est celle qui consiste à alerter la veille de la fête, de façon originale, gaie, vivante, entraînante, les populations des localités voisines. Supposez une camionnette décorée de feuillages et de guirlandes de papier par exemple, dans laquelle prendra place un groupe de joyaux lurons pleins de verve et d’entrain, costumés à la manière d’une troupe de cirque ou de cow-boys ou tout simplement comme des paysans d’autrefois. Mettez entre leurs mains des instruments de cuivre, un tambour, une grosse caisse, pour créer une ambiance joyeuse, vivante et faites-les arrêter sur la place ou dans les rues des petits bourgs pour cette annonce humoristique.

 

LA TOMBOLA 

La vente des billets doit précéder au moins d’un mois toute fête de quelque importance, elle est aussi un moyen de publicité qui porte d’excellents fruits. En réalité ma loi n’autorise les tombolas que dans de rares circonstances présentant des cas particuliers (fêtes de bienfaisance) mais elle admet le principe de bons de souscription d’une valeur unique et déterminée, émis à l’occasion et pour le financement d’une fête et donnant droit à un tirage gratuit des lots.

On conçoit que le placement de ces bons procure des ressources intéressantes, surtout si l’on admet le principe de dons bénévoles, en nature ou en espèces de la part d’amis, de sympathisants ou de fournisseurs.

Il y a deux façons de concevoir une tombola (nous conserverons ce mot, pour la clarté de notre exposé).

Pour faciliter notre démonstration nous tablerons sur un tirage de 5000 billets, ce qui représente une vente normale pour une fête d’importance moyenne. S’il s’agit d’une ville de 5 à 10000 habitants ce nombre peut même sembler un minimum. Par contre, il sera un maximum pour une localité de plus faible importance. Si ce chiffre dépasse la capacité d’achats d’une commune de 1000 habitants, on peut espérer qu’une publicité bien faite permettra le placement de billets dans les bourgs voisins (parents, amis, relations), ces derniers étant payés de retour quand ils organiseront leur propre fête.

La vente d’un billet par habitant est proportion normal en ville où d’autres fêtes précédées d’autres tombolas, sollicitent la même clientèle. En campagne par contre, où une seule manifestation de ce genre existe dans l’année, on peut tabler sur une moyenne de vente de 2 à 3 billets par habitant.

 

1° La Société organisatrice émet 5000 billets de souscription numérotés de 1 à 5000, d’une valeur uniforme de 10 Fr. chacun, donnant droit au tirage d’une tombola gratuite dotée de 50 lots (par exemple étiquetés de 1 à 50) par valeur décroissante. Les premiers lots sont des lots de prix (bicyclette, service de table, carillon, poste T.S.F, meubles, objets d’art) susceptibles de satisfaire tous les acheteurs quels qu’ils soient. Ces lots sont achetés par la Société. Comme il y a 50 lots (chiffre évidemment variable), le pourcentage de chance d’un acquéreur de billets est de 1/100 : c’est évidemment peu, mais la qualité des lots suppléant à la quantité, favorise la vente. On peut du reste en augmenter le nombre, par des objets de verrerie ou de bimbeloterie peu coûteux.

Pour composer les numéros des billets gagnants au moment du tirage, on procède de la façon suivante : Trois boites contiennent chacune dix jetons numérotés de 0 à 9 (pions de loto). On tire successivement un jeton par boite et on compose ainsi le chiffre des unités, celui des dizaines, et celui des centaines. Pour celui des mille (n’oublions pas que nous avons 5000 billets de tombola), des jetons numérotés de 0 à 4 dans une quatrième boite, suffisent évidemment.

 

2° Les 5000 billets émis sont réunis en carnets de 10 billets, contenant tous un numéro gagnant. Les carnets sont numérotés de 1 à 500, ce qui donne 500 billets numérotées de 1 à 10 chacune. Le même raisonnement s’applique à des carnets de 20 billets avec un numéro gagnant. Le nombre des lots est alors égal au 1/20 du nombre de billets émis.

 

Voici un projet de libellé de billets :

           

Ville de……………….

Dimanche…………….

Fête de Bienfaisance organisée par……………..

   Au bénéfice de…………………

 

BON DE SOUSCRIPTION DE 10 FRANCS

donnant droit au tirage d’une tombola gratuite.

 

Principaux lots : Une bicyclette, vase, glaces, articles de toilette, de ménage, de cuisine, etc…

En tout 500 lots d’une valeur de 30.000 Fr.

N° de la série…….                                        N° du billet………

Tirage de la tombola le……………………..

 

Le tirage de la tombola s’effectue ainsi. On aura au préalable, préparé un cahier réglé de la manière suivante :

Dans la série               Le billet                      Gagne le lot

        N°                           N°                                   N°

 

La première colonne est remplie à l’avance par les nombres de 1 à 500. Le tirage proclamera le numéro gagnant de la série (jetons numérotés de 1 à 10), le numéro du lot correspondant (jetons numérotés de 1 à 500). Les lots étant exposés dans l’ordre numérique, on les retrouve aisément en se rapportant sur le cahier témoin, quand un client se présente avec un numéro gagnant.

Cette façon de procéder à nos préférences, et nous voyons très bien un budget prévisionnel de tombola s’établissant ainsi :

 

    RECETTES                                                  DEPENSES

5.000 billets à 10 Fr.                          Achat de 10 beaux lots de 1.000 Fr.

Soit…50.000                                     de moyenne…                                   10.000

                                                           50 lots offerts par des amis

                                                           de l’œuvre (ce chiffre est

                                                           un minimum).

                                                           Achat de 100 lots

                                                           à 50 Fr . ……….                    5000

                                                           Achat de 290 lots

                                                           à 30 Fr. l’un …                       8.700

                                                           Achat de 50 lots bimbe-

                                                           loterie à 6 Fr. ….                    300

                                                           Impression et frais

                                                           Divers             ………….                  1.000

                                                                                                         25.000

 

Ce qui  laisse un bénéfice de 25.000 Fr. laissé par la tombola.

 

 

Principes de Vente des Billets (faire précéder cette vente d’une publicité verbale et écrite). C’est le stade le plus productif qui doit permettre de liquider la moitié, sinon les deux tiers des billets émis. La fièvre d’achat des premiers jours va d’ailleurs tomber assez vite, il faudra la réanimer.

Huit jours avant la fête, les lots seront exposés chez un commerçant bien achalandé, dont la vitrine flatte l’œil, et de ce fait, fera ressortir la valeur des lots et les chances sérieuses des acheteurs. Un dépôt de billets est constitué chez le commerçant en question, et la vente reprend.

Le jour de la fête, un stand spécial, la permanence par exemple) offrira au public les billets invendus et des vendeuses (si possible costumées se disperseront dans la foule et placeront les derniers billets.

 

PAVOISEMENT      

Pour créer une ambiance joyeuse dans la localité, la plus riche décoration serait obtenue par les habitants, grâce à la mise à leur disposition de guirlandes, drapeaux, écussons, lampions, adressés à condition à un responsable du comité par un fournisseur spécialisé. Ce responsable organisera la distribution le matin même de la fête et favorisera ainsi l’émulation.

 

INSIGNES ET DECORATIONS 

Ne pas oublier de prévoir la vente d’insignes et décorations de formes et d’aspects les plus divers qui offre un réel avantage pécunier pour les organisateurs. Cette vente peut se faire soit le long du parcours du défilé s’il en existe un, soit à l’intérieur de l’enceinte de la fête. Pour vendre ces insignes de la journée, de jeunes et gracieuses vendeuses devront épingler d’office cet insigne, et en réclamer le prix de 2 ou 3 euros accompagné d’un large sourire.

 

10° COMPTABILITE 

La comptabilité générale de la kermesse est faite par le trésorier qui est responsable. Les factures et notes à payer seront toutes centralisées et réglées par le trésorier.

Les recettes diverses (entrées, comptoirs, stands) sont groupées par le trésorier à la fin de la journée.

 

Le terrain et l’entrée d’une kermesse se prêtent toujours au montage d’un arc de Triomphe. Il faudra l’orner de guirlandes de papier, de fleurs artificielles ou naturelles et de branchages. Pour la fête de nuit, prévoir une installation de lampes multicolores. Au cas où cet Arc de Triomphe serait érigé sur une voie publique il faudra demander l’autorisation aux ponts et chaussés.

 

11° SERVICE D’ORDRE 

Il sera sage dans toue fête importante de prévoir un service d’ordre, à ce sujet prévenir la police locale ou la brigade de gendarmerie.

 

12° LA PERMANENCE 

La permanence est le poste de commandement de la fête, en même temps que son agence de renseignements. Elle aura son installation matérielle, table avec tiroir-caisse, chaises, bancs, etc…

Dans un stand de 3 mètres, de façade, facilement accessible et sobrement décoré (photo de l’œuvre et de ses réalisations, panneaux du syndicat d’initiative local, affiches de propagande, etc…).

On y recevra au besoin les invités, les officiels. Les commissaires des stands seront sûrs d’y trouver à tout moment le responsable de la fête ou son adjoint. On y vendra des billets de tombola dont les principaux lots seront exposés sur des étagères, on y distribuera les prix des concours, on y aura une réserve de monnaie pour les comptoirs, on y centralisera les produits des ventes de tous les stands.

 

Ce sera aussi :

–          un bureau des objets trouvés.

–          Un poste de secours avec pharmacie pour soins d’urgence.

–          Un poste de renseignements par pick-up : consignes, avertissements, annonces, réclames, toutes indications en un mot se rapportant à la fête et à son déroulement.

 

13° MATERIEL 

Les organisateurs ont un réel intérêt à louer le gros matériel (tentes, bâches, piquets, sièges, gradins) à des maisons spécialisées pour cette location.

 

14° DECORATION DES STANDS 

La décoration la plus belle et la plus originale sera obtenue avec des motifs décoratifs de papier de couleurs vives. On peut employer à cet usage, soit le papier crépon, soit le papier serpente, l’un et l’autre se prêtant à toutes les fantaisies (rubans, festons, plissés, fronces, fleurs). Disposées avec goût, fleurs artificielles ou naturelles et verdure alterneront pour la plus grande joie des yeux et donneront un air de gaîté et de vie propre à chaque stand. Chez les commerçants spécialisés en articles de fêtes, on trouve, outre le papier crépon et serpente, un grand choix de matériel décoratif de complément qui contribuera à donner aux stands un aspect accueillant.

 

15° COSTUMES 

Si l’on organise un défilé, ou si l’on utilise un thème de fête à caractère historique ou folklorique, il faut prévoir soit la confection de costumes en papier crépon qui offrent l’avantage d’un prix de revient modique mais qui par contre sont fragiles, soit la location de travestis d’un caractère plus riche à des costumiers spécialisés.

 

16° DEFILE ET LES CHARS 

Le but immédiat des organisateurs est d’attirer la foule la plus dense possible sur le lieu même de la fête car les recettes seront en fonction du nombre des spectateurs. Le meilleur moyen d’attirer cette foule, est d’organiser un défilé qui fixera sur son passage, un grand concours de population disposée ensuite à suivre le cortège costumé, pour se rendre dans l’enceinte même des attractions et des divertissements.

Pour ne pas être pris au dépourvu à la dernière minute, il faudra prévoir un service d’ordre actif et sévère à l’entrée du terrain, afin de canaliser l’affluence massive, bruyante, et parfois resquilleuse qui va se précipiter aux guichets de vente des billets et au contrôle.

 

PRINCIPES GENERAUX 

Qu’il se nomme cavalcade, défilé d’enfants, cortège costumé, rétrospective historique, retraite aux flambeaux, un défilé doit être avant tout, un plaisir pour les yeux. Nous ne mentionnons la retraite aux flambeaux que pour mémoire, elle ne s’applique en effet qu’à la fête de nuit, qu’elle précédera toujours avantageusement, car les accents d’une musique entraînante et dynamique accompagnée de flambeaux, de rires, de chants, de cris, et de remous joyeux, agit favorablement sur un public qui aime cette ambiance de vie bruyante et d’ébats nocturnes.

La composition, l’ordonnance et la présentation d’un défilé doivent être impeccables. Nous y voyons en tête une musique, harmonie, fanfare ou clique dont les joyeux accents seront un vibrant appel au public. Il est toujours possible, si  la localité ne possède pas d’ensemble musical, de solliciter quelque musique locale voisine qui, en général, ne demande qu’à se produire et dont tous les frais (voyage, rafraîchissements) seront remboursés. Si l’on se trouvait dans l’impossibilité d’obtenir le concours de la Société sollicitée, on pourrait demander celui d’une voiture publicitaire avec haut-parleur, ou prévoir des chants et chœurs de circonstance parmi les groupes du défilé.

Puis viendront les divers groupes différemment costumés, autonomes, mais sui seront composés suivant un thème général unique. Chaque groupe sera mis en valeur par une disposition adéquate et selon un alignement rigoureux. Il sera nettement dégagé de celui qui, le précède et de celui qui le suit (intervalle minimum de 10 mètres). Une pancarte ou banderole en tête du groupe, portée par un ou plusieurs figurants expliquera sommairement la scène évoquée ou symbolisée. Enfin un responsable l’accompagnera, le dirigera et veillera à sa bonne tenue. Pour créer une émulation certaine entre les différents ensembles, on peut organiser un concours de présentation individuelle, jugé par un jury avec prix en espèces. Le défilé qui à nos préférences et qui est le plus susceptible de plaire est le défilé d’enfants, et c’est de lui surtout que nous allons parler. Cependant les idées que nous allons émettre peuvent fort bien être transposées sur le plan adulte et devenir le thème de cortège plus ample, plus spectaculaire, plus copieux, mais pas nécessairement mieux réussi. De plus, par les enfants, on intéresse la famille entière qui joue ainsi un rôle actif, qui veut voir, comparer, détailler, admirer, et finalement participer à l’enthousiasme collectif. La fierté des parents bien légitime d’ailleurs, leur désir de paraître, est un mobile précieux pour les responsables d’une fête d’enfants. Et si le défilé a des prolongements scéniques dans l’enceinte de la fête, on y sera automatiquement conduit, réalisant ainsi le vœu même des organisateurs.

Pour présenter un intérêt certain, un défilé doit former un tout homogène et être conçu suivant une pensée directrice.

 

Voici quelques thèmes parfaitement réalisables accessibles à tous les publics, autour desquels il est possible de grouper un nombre variable d’acteurs (selon les disponibilités locales), et susceptibles de rallier les suffrages du plus grand nombre.

 

QUELQUES THEMES DE DEFILES 

I. La Rondes des Mois et des Saisons

 

Trois réalisations possibles : 

1° La Ronde des Saisons.

2° La Ronde des Mois.

3° La Ronde des Mois et des Saisons.

 

Les chants abondent qui peuvent accompagner de tels cortèges et en souligner le caractère évocateur.

 

1° La Ronde des Saisons : Elle convient particulièrement aux écoles rurales, aux communes de faible importance, partout où les disponibilités numériques enfantines sont limitées :

 

Le Printemps : Enfants costumés en fleurs, oiseaux, insectes et la Fée Printemps.

 

L’Eté : La moisson et les moissonneurs. La juxtaposition des trois couleurs du champ de blé, bleuet, reine-marguerite et coquelicot, conduit automatiquement à l’idée du 14 Juillet, le 14 juillet : les vacances.

 

L’Automne : Rentrée des classes et cueillette des fruits.

 

L’Hiver : Noël, les veillées, les sports.

 

2° La Ronde des Mois : Elle comporte un cortège évocateur des mois de l’année par groupes costumés dans l’ordre chronologique de ces mois, de Janvier à Décembre. Nous voyons très bien ce défilé se présentant sous la forme concrète suivante, avec pancarte explicative appropriée, précédant chaque groupe. En tête : L’année qui meurt et l’année qui naît (jeune fille costumée en vieille femme donnant la main à une petite fille).

 

Janvier : Le Sport qui réchauffe (groupe de sportifs). La présentation d’un groupe viril est une nécessité en tête d’un défilé.

 

Février : Le Carnaval et ses masques.

 

Mars : Bonjour printemps (violettes, oiseaux, insectes)

 

Avril : Gai gai marions-nous (noces paysannes).

 

Mai : Mois des fleurs (bouquet symbolique de fleurs multicolores).

 

Juin : Son groupe de faneurs et de faneuses.

 

Juillet : La Fête Nationale (Marianne et Sans-Culottes, Pétards et Lampions).

 

Août : Les plaisirs de la plage.

 

Septembre : Ses cueillettes.

 

Octobre : La rentrée des classes.

 

Novembre : Les  veillées

 

Décembre : Noël et le sabot de Noël.

 

Le char symbolique représentant les saisons se donnant la main, fermera le défilé. Ce sera en quelque sorte la synthèse de l’ensemble et la figuration de la continuité du temps qui s’écoule, à un rythme égal, comme le sable du sablier.

 

3° La Ronde des Saisons et des Mois : Le cortège est plus spectaculaire avec des chars évoquant les saisons (précédés des mois qui les composent).

Voici quelques suggestions pour les chars :

– Printemps : Le char du Renouveau (des fleurs artificielles courent partout en guirlandes aux couleurs vives sur un fond de verdure). Prince Charmant éveillant la Princesse Nature. Enfants costumés en fleurs, en insectes, en oiseaux.

 

– Eté : Le char de la Moisson avec groupe de moissonneurs et de moissonneuses, gerbes, outils, cruches, etc…Fleurs de trois couleurs évocation symbolique du 14 Juillet et du drapeau.

 

– Automne : Le char des Vendanges : Raisins en carton découpés, coloriés et fixés à des branches de vignes, tonneliers et futailles, cuveaux et pressoir, vendangeurs et vendangeuses, paysans attablés : « Le Vin réjouit le cœur de l’Homme ».

 

– Hiver : Le char de la Veillée symbolique autour du foyer (d’un foyer en carton pâte) avec la figuration de tout ce qu’elle comporte d’acteurs, de matériel, de jeux, de travaux…

 

Ainsi est évoqué en fresques vivantes et colorées, le rituel déroulement des mois et des saisons.

 

II Chansons et Danses des Provinces de France 

Ce thème n’est pas nouveau. Il offre l’avantage de permettre tous les développements possibles et il présente un caractère spectaculaire indéniable, toujours fort goûté du public. Il est indispensable de faire évoluer par couples (garçons et filles, ou jeunes gens ou jeunes filles) les acteurs d’un tel ensemble. Voir se dérouler sous un soleil éclatant en cortège pittoresque et gracieux, la curieuse mosaïque des costumes si divers, si seyants de nos provinces, est un spectacle d’art, de goût, et de délicate poésie. Personne ne reste insensible à cette présentation éminemment française et si richement évocatrice.

La location des costumes présente l’avantage d’offrir aux spectateurs des ensembles homogènes d’une rigoureuse exactitude. Il nous souvient lors d’une fête exécutée sur ce thème, d’un groupe curieux de petits bretons et bretonnes d’une extraordinaire puissance d’évocation par la richesse des costumes, l’extrême variété des couleurs, et par la vérité humaine qui se dégageait de l’attitude des jeunes exécutants.

Si on choisi de préférence, des provinces ayant un caractère régional très nettement marqué, on sera automatiquement conduit à la présentation sur le terrain, l’après-midi, d’un programme chorégraphique et artistique dont le succès auprès du public sera assuré. Voici quelques suggestions quant à la composition des groupes, des chants, et des danses.

 

Alsace : Couples d’Alsaciens et d’Alsaciennes au symbolique ruban de moire et aux jupes à galon de velours

Chants d’Alsace

 

Poitou : Noce paysanne Poitevine aux costumes d’autrefois

Présentation du groupe par la chanson « La Mariée »

 

Normandie : Normands et Normandes avec châles, mantes, blouses et coiffes.

 

Les Sables d’Olonne : Sablaises à jupes courtes et plissées et bonnets de dentelle, et marins escortant un bateau à voile sur roue.

Chants de Marins

 

La présentation successive des groupes au public aura lieu sur un podium de 8 m sur 6 m. élevé d’un mètre environ, et placé dans un endroit où il sera visible sans effort, de tous les spectateurs. Le podium décoré de drapeaux et de verdure, comportera seulement une toile de fond qui s’ouvrira pour le passage des jeunes acteurs, au fur et à mesure du déroulement des exercices. Il sera nécessaire de prévoir à l’arrivée du défilé, une place pour les différents groupes, de telle façon que chacun d’eux se trouve à pied d’œuvre quand l’heure sera venue, de paraître en scène.

 

Auvergne : Auvergnats en veste courte et chapeau plat à ruban, et Auvergnates en tablier et coiffe avec son serre-malice.

Bourré d’Auvergne

 

Bretagne : Bretons et Bretonnes au costume légendaire.

Gavotte Bretonne

 

Savoie : Ramoneurs et Savoyardes, ceinture et tablier de couleurs voyantes et bonnet rond.

Ronde Savoyarde

 

Provence : Couples de toréadors et d’Arlésiennes, corsage noir et fichu blanc. Coiffe minuscule au sommet de la tête.

Farandole Provençale

 

Pays basque : Basque en veste courte, écarlate, culotte courte et nouée, espadrilles, gilet blanc, ceinture bleue. Basquaises en jupe courte et châle de laine.

Fandango Basque

 

Les recueils de musique et de danses que nous avons en dépôt, donneront la musique appropriée aux évolutions intéressant chaque province.

Pour donner à la fête une unité de conception et d’exécution encore plus complète, on envisagera, pour la kermesse, des comptoirs de vente offrant les produits les plus caractéristiques de chaque région (à la condition que leur écoulement en semble possible) : crêpes bretonnes, cidre de Normandie, marrons d’Auvergne, sardines des Sables-d’Olonne, fruits de Provence, espadrilles basques, vin blanc d’Alsace.

 

III La Ronde autour du Monde 

Le principe en sera le même. Les costumes et airs nationaux (anglais, tyroliens, russes, italiens, espagnols, chinois, cow-boys, américains, etc…) remplaceront les costumes et chansons des provinces françaises. Le sujet en est tellement vaste et varié que la fantaisie et l’imagination des organisateurs pourront s’y donner libre cours.

Les évolutions prévues sur le terrain pourront se terminer par une farandole générale groupant tous les petits participants et symbolisant la fameuse « Ronde autour du Monde ».

 

IV Les Métiers ou bien la France au Travail 

C’est un des thèmes les plus faciles à réaliser et qui plaira le plus à un public moyen (à la campagne surtout). On pourra faire la discrimination entre les métiers de la ville et ceux de la campagne, entre les métiers disparus et les métiers actuels, avec anticipation possible sur l’avenir.

Les enfants apporteront comme toujours dans ce cortège familier et vivant, la note de jeunesse, de candeur, de vérité qui plait toujours.

Voici comment nous concevons l’ordonnance d’un tel défilé :

 

Rétrospective historique du Travail

– Paysans et défricheurs du Moyen âge.

– Marchand et baladins.

– Soldats mercenaires et moins laboureurs.

– Corporations et ouvriers portant les emblèmes de leur profession.

– Compagnons du Tour de France.

 

Les Métiers actuels 

– Jardiniers poussant des brouettes chargées de légumes et de fruits, et jardiniers portant au bras des paniers d’osier, remplis comme des cornes d’abondance.

– Charbonniers et ramoneurs aux noirs visages, puis meuniers enfarinés (contraste humoristique) aux chefs coiffés du bonnet de laine précédés du traditionnel petit âne cher à Maître Corneille.

– Couturières, lingères, ménagères et laveuses avec leurs ustensiles domestiques.

– Armée des artisans des champs et de la ville. Laboureurs, semeurs, faucheurs, moissonneurs, laitiers, vignerons, maçons, la truelle en main, peintres en blouse blanche et l’échelle au dos, charpentiers, menuisiers, forgerons, bouchers et charcutiers, avec leurs attributs professionnels, coiffeurs au rasoir démesuré, cuisiniers et leur marmitons.

– Pêcheurs avec leurs filets accompagnant un bateau, pêcheurs à la ligne à l’innocent bagage. Marins de « C’est nous les gars de la Marine ».

– Nos protecteurs : Infirmières de la Croix Rouge et soldats du feu (pompiers).

– Occupations occasionnelles : chasseurs, aviateurs, coureurs du tout de France, footballeurs et sportifs.

– Fonctionnaires en uniforme : la gare et ses employés, la poste et ses facteurs, soldats et douaniers, gendarmes, croquemitaines.

 

Char symbolique. 

Synthèse de la France travailleuse (jeune fille aux trois couleurs accompagnée d’un petit groupe en costumes provinciaux). Sur ce même char quelques scènes séparées a peu de personnages évoquant diverses activités manuelles ou intellectuelles : savant dans son laboratoire, forgeron dans sa forge, etc…

 

Il est bien entendu quand dans la pratique l’énumération précédente peut au gré des organisateurs, être complétée ou abrégée, selon les disponibilités locales, tout en conservant au défilé ainsi conçu et présenté, son caractère évocateur des métiers de France.

 

V. Jeux et Jouets

 Cet ensemble vivant doit susciter un intérêt passionné, aussi bien de la part des enfants appelés à y participer que de la part du public qui en comprendra aisément l’harmonieux déroulement.

En tête présentation, d’un immense catalogue de jouets (carton ou contreplaqué) placé sur un char aux couleurs vives ou porté par plusieurs enfants déguisés en jouets dont chaque page sera une évocation.

 

1re Page : Les Poupées : (exécution facile se prêtant à de gracieuses initiatives) groupes à pied (poupées et petites mamans), ou char avec poupées vivantes couchées dans leur boites inclinées, de toutes dimensions.

 

2e Page : Les Pantins : Nous groupons sous ce vocable :

– Pierrots, Colombines et Arlequins

– Guignol et ses amis ; Diable et gendarme ;

– Pantins et clowns aux gestes saccadés ;

– Gymnastes et infirmières ;

– Soldats de plomb (en uniforme Piou Piou 1900)

et cantinières.

 

3e Page : La Fantaisie

– Avions et Aviateurs ;

– Pompiers et leur pompe miniature ;

– Tambours, trompettes et clairons ;

– Musiciens avec instruments de carton, difformes, énormes et grotesques ;

– Ouvriers et leurs outils ;

– Cow-Boys, Indiens, Scouts ;

– Masques de Mardi-Gras.

 

4e Page : L’Arche de Noé :

Char ou ensemble comportant des enfants costumés en animaux de toutes sortes, renard ou papillons, coccinelles ou chats-bottés, etc…

 

5e Page : Cartes et Dames :

Le jeu de cartes avec 32 participants, portant des cartes dessinées en papier cartonné (poitrines et dos en forme de chasubles). Les 20 pions noirs et les 20 pions blancs du jeu de dames. (Il est possible d’accroître l’intérêt du spectacle en combinant sur les lieux de la fête (prairie) une partie de dames entre antagonistes, avec les pions vivants du défilé, évoluant d’un coup de sifflet sur un douanier préalablement tracé à la chaux).

 

6e Page : Autres jeux de Société :

Dominos conçu comme les cartes ci-dessus.

– Echecs et pièces du jeu en costumes ;

– Jeu de l’Oie (fermières et oies vivantes) ;

– Nain-Jaune ;

– Dés gigantesques en carton ;

– Cerfs-volants.

 

7e Page : Les Livres :

Evocation des contes de Perrault, des fables de la Fontaine, des personnages de la Comtesse de Ségur, de Jules Verne ou de Walt Disney (Mickey, Donald, Poppey,…).

 

Toute latitude dans ce domaine est laissée aux organisateurs pour donner à ce groupe, soit le motif d’une simple et brève évocation, soit une démonstration plus ample et plus complète.

 

On peut même, la chose est parfaitement réalisable et permet un développement très spectaculaire, placer sous l’égide de La Fontaine ou de Perrault, deux thèmes de défilés que nous appellerons :

 

VI. « Les Fables de La Fontaine »

Ou

« Au Temps où les Bêtes parlaient »

 

VII « Les Contes de Perrault »

Ou

« Au domaine du Merveilleux »

 

Comme dans l’évocation précédente des jeux, on peut faire précéder chacun de ces cortèges, d’un livre gigantesque et symbolique, dont chaque page effeuillée est vraie, c’est à dire chaque groupe d’enfants costumés, sera une fable ou un conte aux personnages vivants, évoluant dans le cadre du sujet traité par le fabuliste et le conteur.

 

VIII. Les Sports 

Lorsque le sujet fut traité au cours d’une fête scolaire d’été, la crainte de la monotonie des costumes s’empara au début, des organisateurs ; mais elle s’évanouit rapidement au fur et à mesure de la préparation, grâce à l’initiative des responsables des groupes et à la bonne volonté des parents. L’ensemble présentait une fraîcheur, une variété, une tenue si parfaite, que le public fut enthousiasmé et le manifesta bruyamment tout au long du parcours.

 

Voici l’ordonnance que nous suggérons pour un tel cortège :

–          Les Jockeys : Enfants avec toques et casaques de couleurs vives et variées.

–          La Natation : Jeunes nageurs et nageuses en costumes de bain actuel précédés d’une évocation humoristique des costumes de bain 1900.

–          La Pêche : C’est l’armée pacifique des pêcheurs à la ligne, avec leur attirail traditionnel.

–          La Pelote Basque : Adultes au costume basque avec ceinture et béret rouges, armés de la chistera.

–          Le Jeu de Boules : Boules, de fer et de bois alternant en quadrettes viriles.

–          Le Rugby : C’est la disposition classique de l’équipe de rugby, en maillot sur le terrain (dossards de 1 à 15). Si l’on incorpore un demi de mêlée minuscule à côté de trois-quarts puissants, on donnera à ce groupe un caractère comique qui plaira aux spectateurs.

 

 

 

–          La Boxe : Enfants costumés en boxeurs, avec gants réglementaires et le nom de champions connus mentionné sur les peignoirs bariolés.

–          Les Poids : Costumes noirs d’athlètes. Les poids et altères seront évidemment très légers (ballons gonflés par exemple) malgré leur apparence respectable en volume et en poids (poids marqués : 100 kg, 200 kg).

–          Le Cyclisme : Avec des figurants nombreux ce sera un groupe vivant, coloré, sympathique, ambiance tout de France, avec maillots, dossards et autres accessoires.

–          Le Tennis : Chemisettes et pantalons blancs, raquettes à la main.

–          Le Football : Les onze joueurs avec maillots de la société locale, seront disposés suivant leur place sur le terrain.

–          Le Patinage : Patins aux pieds, patineurs et patineuses évolueront en gracieuses arabesques.

–          La Chasse : Le groupe cher à Tartarin de plaisante mémoire. Si l’on y ajoute un énorme lion en carton, monté sur roulettes, entouré de nemrods à l’allure décidée, on créera l’ambiance joyeuse et romanesque qui déridera le public.

–          L’Escrime : Groupe viril en costumes blancs collants au corps, avec gants, masques, plastrons et fleurets.

–          La Danse : Aimable groupe léger et vaporeux en tutus blancs.

–          Le camping : Scouts avec leur barda, leurs chansons et leurs joies.

–          L’Athlétisme : (perche, saut, poids, disque). Ce groupe a l’avantage de réunir les jeunes athlètes en blanc qui n’ont pu trouver place dans les autres groupes.

–          Le Char de la Reine des Sports : Synthèse de l’ensemble avec ses athlètes et ses ballerines, accessoires de tous les sports rassemblés en grappes suggestives. Une telle variété de groupes athlétiques permet ensuite, sur le terrain, au gré et suivant l’initiative des organisateurs, l’exécution de mouvements d’ensemble, évolutions, danses, matchs, ou démonstrations spectaculaires, qui constitueront le programme scénique de l’après-midi.

 

IX. Vieux Airs Populaires 

Ce défilé typiquement classique et français, vivant, aux couleurs relevées, variées et pittoresques, plaira à l’œil par les teintes chatoyantes, et à l’oreille par la variété des chants interprétés. Il aura son prolongement logique dans la partie spectaculaire de l’après-midi, où chaque ensemble chantera et mimera tour à tour sur la pelouse, ou mieux sur un podium, l’air populaire qu’il aura mission de présenter au public. L’énumération ci-après n’est donnée qu’à titre purement indicatif, il sera loisible aux organisateurs d’ajouter d’autres chansons ou d’en retrancher, selon les goûts et les possibilités.

Voici ces chants groupés chronologiquement.

Chaque pancarte annonçant les chants pourra mentionner le siècle où ils auront été composés et vulgarisés.

 

XVIe Siècle 

Au clair de la Lune : Pierrots avec plume d’oie fixée au bonnet, et colombines. Enormes croissants de lune.

 

J’ai du Bon Tabac : Gigantesque tabatière entourée de paysans avec mouchoir à carreaux de meuniers, etc…

 

1709

 

Malbrough s’en va en guerre : La scène classique du départ pour la guerre. Tambourg. Malbrough et sa suite, soldats et fiancées pleurant.

 

XVIIIe Siècle

 

Il était une Bergère : Scène comique avec la bergère en colère, son bâton et son chien.

 

La Boulangère a des Ecus : La boulangère et son sac d’écus, mitrons et chalands…

 

Compère Guilleri : Scène comique de chasse avec piqueurs et cors, chasseurs, chiens et gibier (en carton).

 

Sur le Pont d’Avignon : Beaux messieurs et belles dames.

 

Frère Jacques : Clochettes et moinillons.

 

Fin XVIIIe siècle

 

Le Bon Roi Dagobert : Le Roi et sa suite. Saint Eloi et ministres.

 

1792

Il Pleut Bergère : Bergers, bergères, moutons enrubannés, parapluies de fantaisie.

 

1800

Cadet Rousselle : Sa suite où tout est groupé par trois : Trois chiens, trois chats, trois garçons, trois filles, trois amants, trois oiseaux en cage, etc…

 

Fanfan la Tulipe : Scène militaire avec soldats de Napoléon et cantinières.

 

1919

La Madelon : Cette chanson n’est pas une chanson populaire. Elle caractérise pourtant assez bien une époque, pour avoir sa place dans un cortège de chants populaires. Scène militaire s’opposant comme figuration, à la précédente où Madelon, en petite voiture décorée de verdure et de fleurs, verse à boire aux poilus qui s’empressent autour d’elle.

 

Char de la Vieille Chanson Française : Avec sa Reine de la chanson de France et ses suivantes, en costumes XVIIe siècle, pages, bergers, bergères, gardes françaises, etc…chantant « Ronde Française » de Paul Pierné. On peut aussi faire figurer dans ce char, en synthèse du défilé, un délégué de chaque chanson évoquée : Pierrot, Chasseur, Soldat, Bergère, etc…

 

X. Hier et aujourd’hui 

Ce cortège dont nous donnons ici une ébauche peut être indifféremment présenté, soit pas des enfants, soit par des adultes. Il est susceptible de développements différents suivant son cadre ou son public (ville ou campagne). Ainsi la présentation comparée des projets de la technique rurale, qui s’impose à la campagne, n’aura pas sa place dans un cortège citadin. Les organisateurs d’un tel défilé auront donc toute latitude de le composer selon leurs idées, leurs goûts, leurs possibilités, pour la plus grande satisfaction du public.

Les scènes énumérées ci-après peuvent indifféremment être reproduites à la ville ou au village. On peut aussi faire cheminer côte à côte les évocations passées et présentes, traitant le même sujet, ou mieux, les alterner, le passé précédent le présent ; à condition qu’une mention manuscrite situe dans le temps chaque ensemble, afin que le public comprenne et apprécie sans effort.

 

La Mode (cette scène peut être une rétrospective ample ou abrégée des costumes typiques d’époques différents).

 

 

Costumes 1840                                                          Mode actuelle

Type : Florestan et Véronique

Mode 1900

 

Gai Gai Marions-nous.                                            Mariage 1950 (auto de la mariée décorée

Noce paysanne 1880 (violoneux, couples,                de blanc), cortège à pied.

Rubans, etc…).

 

La Danse. Marquis et marquises du grand               Ballerines 1950

Siècle. Bergers et Bergères d’opérette

 

On peut recréer les personnages d’un ballet de Molière, du Bourgeois gentilhomme par exemple. Ce sera ensuite (spectacle d’art et de goût) l’évocation successive de danses de diverses époques sur un podium disposé sur le terrain de la fête, allant pas exemple du menuet Louis XIV aux évolutions sportives d’un ballet contemporain, en passant par le quadrille cher à nos grand’mères.

 

Le sport : Vélocipède 1900 et premiers                   Tour de France 1950. Voitures de tourisme

Vélos. Tilbury 1900 avec grisettes et étudiants        1950. Canoës. Cycles. Cars. Scouts et

Genre « Vie de Bohème ». De Dion 1900                campeurs. Costumes de bain actuels.

Avec automobiliste en costume d’époque.

Baigneuses 1900

 

L’Armée : Soldats de l’Epire et cantinières             Aviateurs et motorisés 1950. Parachutistes

De « Fanfan la Tulipe ». Soldats de « En                 Radars. Pompiers, gendarmes motorisés

Revenant de la revue », et public bon enfant                       1950

Marchand bras dessus avec les soldats

 

Chansons : Evocation d’une chanson de la fin         Edith Piaf et les compagnons de la chanson

Du XIXe siècle, moissonneurs et moissonneuses     Jazz 1950.

Dans « La chanson  des Blés d’Or ».

 

La Santé : Médecins et apothicaires de Molière.     Médecins et infirmières (Croix-Rouge

                                   d’aujourd’hui).

 

L’Artisanat : Corporations et ouvriers portant les   Métiers actuels ou nouveaux. Coiffeurs.

Emblèmes de leur profession. Les métiers                Mécaniciens. Cheminots et facteurs.

Disparus : fileuses et tisserands. Meuniers et ânes    Artistes et techniciens. Artisans du Cinéma

Diligences et postillons. Garde-champêtre et

Bergères. Compagnons du Tour de France, avec

Leur baluchon sur l’épaule et leur canne rubanée.   

 

 

L’Instruction : Autrefois : vestes courtes, bonnets Ecoliers d’aujourd’hui. Vestes courtes,

De laine ou casquettes à rabats. Sabots, bûche sous tabliers clairs, bérets. Sac au dos et serviette

le bras avec leurs magisters, lévite, bésicles et sous le bras. Candidats scolaires et leurs fantaisies

plume d’oie à l’oreille.                                               (monomes, rubans, cris, etc…). Etudiants du

                                                                                  quartier latin.

 

Chars : Une veillée à la chaumière ou guinguette    La Fée Electricité et ses suivants : l’industrie,

1900 (avec accordéon).                                             La cuisine, le ménage, la T.S.F., etc…

 

Nous venons d’énumérer et de développer quelques thèmes de défilés d’enfants. Ce genre de défilé a pour objet d’intéresser et d’associer toute la population à la réussite, sous l’égide de la bienfaisance, d’une fête de plein air d’été. Adapter l’ordonnance de des défilés à des groupes d’adultes (garçons et filles) est chose facilement réalisable.

 

Voici d’autres projets de défilés et cavalcades :

 

X. Les Fleurs 

Deux conceptions :

a) Défilé                                  b) Cavalcade

 

a)      Défilé d’Enfants : Ne choisir que des fleurs aux couleurs vives et aux caractères nettement déterminés. Les teintes choisies (chaperon, corsage, jupe) s’adapteront aux couleurs mêmes de la fleur et si possible à sa forme (par exemple jupe en pétales). De plus, chaque participant portera à la main, ou mieux fixée sur le côté droit de la poitrine, une fleur artificielle très grosse et très voyante. Enfin chaque groupe sera précédé d’une pancarte indiquant la fleur symbolisée, ou bien d’une énorme fleur stylisée, ou d’un bouquet, gerbe, ou guirlande, réalisée avec la fleur en question (fleurs artificielles).

 

Voici une proposition d’ordonnance d’un tel défilé :

 

Groupe de Jardiniers ou Horticulteurs avec les outils de la profession, brouettes, arrosoirs, râteaux, sécateurs, pelles de jardin, paniers pleins comme des cornes d’abondance.

 

Les Fleurs Bleues : Le myosotis bleu clair. La glycine et ses guirlandes.

 

Les Fleurs Blanches : Marguerites ou pâquerettes au cœur d’or. Le muguet (avec grelots et clochettes).

 

Les Fleurs Jaunes : Les boutons d’or, fleurs sauvages. Le souci ou le soleil (énormes, au cœur noir).

 

Les Fleurs Rouges : Géraniums groupés en un massif vivant. Pivoines.

 

Les trois Couleurs du drapeau (évoquées en profondeur) : Bleuets, Marguerites, Coquelicots.

 

La Reine des Fleurs : La Rose : avec énormes roses rouges, piquetant un feuillage artificiel ou tombant d’une gigantesque corbeille inclinée dans un char clôturant le cortège.

 

b)      Cavalcade : Projets de Chars

 

Char entouré d’une palissade à claires-voies où évoluent jardiniers et horticulteurs portant ou utilisant les outils de la profession : pelles, sécateurs, râteaux et arrosoirs, brouettes et paniers.

 

Massif de Fleurs : soit fleurs artificielles groupées dans un massif fantaisie aux couleurs vives s’opposant les unes aux autres, soit fillettes costumées de roses rouges, jaunes, etc…, et serrées à la façon des fleurs d’un massif.

 

Chapeau 1900 : Immense, gigantesque, avec son parterre de fleurs, tel que nos grand’mères le portaient à la fin du siècle dernier.

 

La Vie en Fleurs : Groupe de tout petits (4 à 6 ans) dans un char décoré de verdure et de fleurs.

 

La Tisane des Quatre-Fleurs : (Pied de chat, coquelicot, pas d’âne, bourrache) : Quatre fillettes personnifiant quatre fleurs tournent autour d’un énorme pot, vas ou mortier d’officine pharmaceutique, placé au centre du char avec groupe d’apothicaires autour.

 

Le Lys et les Rois de France : Roi et Reine de France et leur cour (costumes d’époque).

 

Le Langage de la Marguerite : Un peu, beaucoup, passionnément. Marguerites vivantes effeuillant des marguerites avec grosse fleur au centre.

 

Le trois Couleurs du Drapeau : symbolisées par trois groupes d’enfants costumés en fleurs, bleuets, marguerites, coquelicots.

 

La Reine des Fleurs : La Rose : La reine de la fête (jeune fille avec demoiselles d’honneur) dans le char de la Reine des fleurs : La Rose : Grosses roses rouges artificielles piquetées dans la verdure ou tombant d’une énorme corbeille renversée (à la façon d’une corne d’abondance).

 

Remarques :

 

1)      Des groups d’enfants ou de jeunes filles en « fleurs » peuvent suivre chaque char à la manière du défilé précédent.

2)      Se chaque char seront lancés sur la foule des pétales de fleurs (si la provision est insuffisante, compléter avec les confettis et serpentins) afin de créer cette ambiance communicative de joie et de bonne humeur, indispensable à toute fête.

 

XII. La Locomotion à travers les âges 

1)      Le Juif errant (le premier marcheur solitaire du monde) : barbe broussailleuse, lévite, gourde, escarcelle, bâton.

2)      Le Char Romain des jeux du Cirque.

3)      Un Roi fainéant dans son char à bœufs.

4)      Croisés à pied de la première croisade (groupes à pied ou pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle) ou les Rois mages venant à pied de leur lointain voyage oriental.

5)      Don Quichotte et Sancho.

6)      La Châtelaine du lieu (du pays où a lieu la cavalcade) dans sa chaise à porteurs.

7)      Carrosse du Grand Siècle et Seigneurs costumés (ou le carrosse du Marquis de Carabas).

8)      Le Petit Caporal (Napoléon Ier) et son état major sur les routes d’Europe (groupes à cheval).

9)      La Diligence (le courrier de Lyon) : Robes à paniers et redingotes du temps de Louis-Philippe).

10)   Le Train de 1840 et ses wagons découverts (voyageurs debout avec leurs parapluies).

11)  La Bicyclette : Premier vélocipède, cyclistes 1900 (chapeau de paille, jupes culottes).

Coureurs du « Tour »

12)  Voitures à chevaux :

Cabriolet de Véronique.

Char à bancs.

Madeleine-Bastille.

Tilburys et tonneaux.

13)  Rétrospective automobile : Motos et autos. De la Dion 1897 au dernier modèle.

14)  Modèles réduits : Avions-planeurs.

15)  Véhicules fleuris de toutes sortes.

16)  Char de la Reine de la Fête ou de la Reine des Sports et ses demoiselles d’honneur.

 

XIII. L’Arc en Ciel

Projets de cavalcade de neuf chars

 

–          Blanc : Un dauphin immaculé traîne une énorme coquille Saint-Jacques dans laquelle ont pris place des nymphes (fillettes ou jeunes filles en blanc) au long voile blanc et aux cheveux fleuris de nénuphars blancs.

–          Violet : Pergola garnie de clématites et de glycines en fleurs, avec, à l’intérieur, l’escarpolette de Véronique et de Florestant, avec costumes d’époque en  violet.

–          Indigo : Le moulin d’Alphonse Daudet, ses ailes couleur indigo et son meunier en blouse.

–          Bleu : Une caravelle le « Corsaire bleu », toutes voiles gonflées et ses marins chantant de bleu vêtus, impeccablement alignés à bâbord et à tribord.

–          Vert : Sa Majesté Lézard Ier, paresseux et allongé, sommeilles et flemmarde sur un rocher vert, moussu, entouré de nains de la montagne, à bonnet vert.

–          Jaune : Char des petits Nippons : jaunes sont les teints et jaunes les éventails, jaunes les fleurs de lotus au cœur d’or, jaune la pagode et jeunes les longs pantalons.

–          Orangé : D’une corbeille ou corne d’abondance renversée, s’échappe une profusion d’oranges symbolisées par des fillettes aux robes, corselets et bonnets orangés.

–          Rouge : Le rendez-vous de chasse avec ses veneurs, ses piqueurs, ses sonneurs, ses chasseurs.

–          Arc en Ciel : Chat de synthèse qui, sous les rayons éclatants du soleil, concrétise en un seul bloc ou en demi-cercle, comme l’arc en ciel, les couleurs éparses du défilé (ou énorme sphère aux sept couleurs) tournant autour d’un axe sur un fond de fleurs ou de fruits aux couleurs symboliques.

 

XIV. Le Cirque 

(Parade enfantine pouvant être adaptée aux adultes)

 

–          Les Musiciens de l’Orchestre.

Costumes uniformes avec ensemble de pipeaux ou mirlitons q’il s’agit d’enfants. Instruments de musique variés s’il s’agit d’adultes.

–          Ecuyers et Ecuyères :

–          Dompteurs et Dompteuses :

Dompteurs : costumes à veste rouge à brande-bourgs.

Ménagerie : Enfants ou adultes se tenant deux deux l’un derrière l’autre pour figurer les quatre pattes, et recouverts d’une toile représentant la peau du lion, de l’ours, du tigre, etc…

(Tartarin revenant de la chasse au lion.)

–          Danseurs. Danseuses :

Viennois et Viennoises.

Les Danseurs Basques

Les Danseurs Russes.

–          Les Jongleurs Japonais :

Avec instruments de jonglage variés.

–          Les Cow-Boys du Texas :

–          Les Clowns, M. Loyal

(avec instruments de musique improvisés et grotesques).

–          Les Chanteurs Tyroliens :

–          Les Hommes de Poids :

–          Boxe, Catch, Lutte, Judo.

–          La famille Esquimo

(en traîneau, toute blanche) et la famille négro (en voiture à âne, toute noire).

–          Les Animaux Savants :

La Chèvre Emeralde.

Le Chien Pippo.

Le Mouton à cinq pattes.

Souris blanches en cage.

Puces apprivoisées, etc…

–          Le Fakir Ala-Bibi et ses Hindoux.

–          Cartomanciennes.

–          Les Cyclistes acrobates et les motocyclistes du « Saut de la mort ».

Pour clore le défilé :

–          Le Char des Saltimbanques (opérette de Louis Gane) : Deux petites danseuses de corde, portant banderole. Les saltimbanques, cher représentant la parade du cirque Malicorne.

Suzanne et Paillasse. Lieutenant André de Lanjac. Marcon. Le Grand Pingouin. M. et Mme Malicorne.

Personnages du cirque : Danseuses en tutu, clowns, M. Loyal.

Musique de parade : Cris-appels (on chante : « C’est l’amour qui flotte. ») Pancartes :

 

Premières              Secondes                    Troisièmes                  Militaires

      2 Fr.                     1 Fr.                                      0 Fr. 50                    et enfants

                                                                                                    Demi-Place

 

XV. Les Opérettes Françaises

 

« L’opérette est une fille de l’opéra comique, une fille qui a mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément. »

 

                                                                 Camille SAINT-SAËNS.

 

1)      Offenbach, Camille Saint-Saëns, créateur de l’opérette.

 

Figuration

Deux enfants de troupe de « La Fille du tambour major » portant la banderole Offenbach, père de l’opérette.

Char représentant l’apothéose d’Offenbach et les personnages de ses œuvres :

Les contes d’Hoffmann : Hoffmann, Olympia, Juilietta, Antonia.

Orphée aux enfers : Cupidon, Eurydice.

La Belle Hélène : Hélène, Pâris.

Les brigands : Falsacappa, chef des brigands et carabiniers.

La vie Parisienne : Baron de Gondremarck, Métella.

La Fille du Tambour Major : Mademoiselle de Monthabor, lieutenant Robert, Enfants de troupe.

 

2)      La Mascotte d’Audran.

 

Figuration

Deux pages portant la banderole : La Mascotte. Un char représentant l’entrée de la ferme. Château de Piombino, Laurent XVII, prince de Piombino et sa suite, seigneurs, dames.

Fiametta : sa fille et ses pages.

Prince Fritellini.

L’aubergiste mathéo.

Pippo : Berger avec ses moutons

Bettina : la rougeaude mascotte avec ses dindons.

 

3) Les Cloches de Corneville de R. Planquette.

 

Figuration

Deux petits gars normands portant la banderole.

Un char représentant la place du marché de Corneville, devant l’entrée du château.

Henri, Germaine, Serpolette, Grenicheux, Gertrude.

Le fermier Gaspard.

Le Bailli.

Le tabellion.

Un garde champêtre.

Fermiers normands et fermières, et accessoires de marché.

 

3)      Les Saltimbanques de Louis Ganne.

 

Figuration

Deux petites danseuses de corde portant banderole.

Un char représentant la parade du cirque Malicorne.

Suzanne, Paillasse, Marion, le grand Pingouin, le Lieutenant de Lanjac, M. et Mme Malicorne.

Clowns, Augustes, Dompteurs, Equilibristes, Danseuses de corde, etc.

 

4)      Fanfan la Tulipe de L. Varney

 

Figuration

Deux petits marquis Louis XV portant bannière.

Le corps des trente petits cadets du Roy conduits par un chef (tous costumés) et un tambour major. Un char représentant la tente d’un camp militaire dans la forêt. Un postillon.

Fanfan la Tulipe (le bourreau des cœurs) et ses trois admiratrices : Pimprenelle, Mme Cotonnet, Mme de la Pacaudière, toutes trois sous déguisements militaires.

Jolies cantinières.

 

5)      Le Petit Duc de Lecocq

 

Figuration

Deux pages portant bannière.

A cheval : Le petit Duc et ses écuyers.

Un char représentant intérieur de couvent avec les pensionnaires de la leçon de solfège (et en particulier Blanche, Duchesse de Parthenay).

A l’arrière : Mousquetaires.

 

6)      Le Voyage en Chine de R. Bazin.

« La Chine est un pays charmant, qui vous plaira assurément. »

 

Figuration

Deux matelots portant banderole. Un char représentant le pont d’un bateau. Henri de Quermozan Capitaine, le pilote, Pompery, Martial, Alidor, marins, mousses et matelots.

 

7)      Véronique de A. Messager.

 

Figuration

Deux fillettes en petites Mimi-Pinson, portant banderole.

A dos d’âne, Véronique à ses côtés Florestant. Un char représentant un coin des jardins du restaurant du Tournebride à Romainville.

Un chasseur du Tournebride et un postillon.

Sur l’escarpolette : Agathe Coquenard.

Sous la tonnelle : Hermerance de Cjamp d’Azur et ses amis.

Clients, clientes, officiers de hussards.

 

8)      Ciboulette de Reynaldo Hahn

 

Figuration

Deux petits jardiniers portant une banderole. Une charrette de maraîchers conduite par le Père Grenu. Antonin de Mourmelon et Ciboulette.

Une voiture conduite par un officier de hussards.

Zénobie, Métra, Duparquet et de Massa, Baronne Sterlotte, Comtesse de Castiglione, Marquise de Presles.

Tous en costume 1900.

 

9)      La Cocarde de Mimi Pinson : Opérette de guerre.

 

Figuration

Deux petites Alsaciennes portant banderole. Un char représentant l’entrée d’un hôpital du front.

Lieutenant Jean et son ordonnance La Mazette, officier gestionnaire, Marie-Louise de Zoé, infirmières.

Poilus convalescents : toutes les armées sont représentées : aviateurs, zouaves, chasseurs à pied, fantassins, artilleurs, etc…

L’Alsace.

La Lorraine.

 

10)  Le Roi des Resquilleurs : Opérette cinématographique.

Figuration

Deux petits chasseurs portant banderole. Char représentant tonnelle d’un cabaret de banlieue.

Bouboule chanteur de rue et son accordéoniste.

Arlette et Lulu, jeunes filles, enfants de Paris.

Gavroches et Titis parisiens.

Consommateurs et amoureux.

 

NOTE 

Il est bon de savoir :

a)      Que cette liste d’opérettes :

1)      N’est pas limitative.

2)      A été choisie afin que chaque compositeur connu et coté soit représenté par une reproduction typique de son œuvre.

3)      Se situe dans le temps, dans la seconde moitié du XIXe siècle (temps béni de l’opérette) et le début du XXe.

4)      Elimine les opérettes légères.

b)      Qu’un défilé évoquant des opérettes françaises doit obligatoirement s’accompagner de musique.

Il nous souvient d’avoir assisté à une cavalcade et ce genre, dans laquelle aucun chant, aucune musique n’accompagnait le passage de char pourtant judicieusement conçu et artistiquement présenté. Le public qui aime les bruits, les chants, les éclats de rire, la musique claironnante et joyeuse, la vie des défilés spectaculaires, était figée et ne réagissait pas. C’est un écueil à éviter.

 

1)      Des musiques locales disséminées dans le défilé couperont de leurs accents vibrants et joyeux le passage de chars.

2)      Dans chacun d’eux, un petit orchestre ou un groupe de chanteurs, ou un jazz, ou un ensemble musical, ou plus modestement un accordéon, jouera un ou plusieurs airs connus de l’opérette figurée. Cela est essentiel.

 

Voici d’ailleurs quelques autres idées directrices émanant d’organisateurs de telles manifestations :

 

1)      Images de l’Union Française.

2)      Imagerie d’Epinal (scène d’histoire ou de légende).

3)      Défense de la France (des guerriers gaulois aux motorisés actuels).

4)      Les Ages de la Vie.

5)      Les cinq parties du Monde.

6)      La Mode à travers les âges :

Modes masculines et féminines, cent ans de mode masculine et féminine. Cortège historique facile à réaliser et dont la succession chronologique conditionne automatiquement l’ordre du défilé. Tous les sujets de ce genre peuvent être représentés, depuis la toge romaine jusqu’à la mode actuelle, en passant par l’accoutrement de la châtelaine du Moyen Age, des seigneurs du Grand Siècle, les modes révolutionnaires, celles du XIXe siècle, celles de 1900 et la variété des modes qui, de nos jours, ont marqué une époque. On peut employer pour faire ces costumes du papier crépon, ce qui limite les frais, en utilisant le talent des couturières locales.

 

Voici donc des centaines de spectateurs attirés par les échos joyeux d’une musique entraînante qui se sont pressés en vagues mouvantes ou en grappes bruyantes, le long du parcours soigneusement délimité de ce défilé. Les bravos ont crépité, enthousiastes et nourris, et une population entière a été, spontanément entraînée dans ce sillage de gaîté et de jeunesse. C’est donc une foule joyeuse qui déroule ses vibrants remous vers l’entrée de la prairie, décorée de drapeaux, d’oriflammes et de banderoles où va se tenir la fête de plein air. Un  haut-parleur l’annonce déjà. Pour décongestionner la poussée involontairement brutale de cette foule vers les guichets distributeurs, des vendeurs de billets d’entrée aident à la vente. Un service d’ordre à la fois sévère et bon enfant contient et canalise les ardeurs juvéniles de tout ce monde, et la pelouse ensoleillée se meuble allégrement de tous ces hôtes d’un jour, réunis là sous le signe de la joie et du plaisir.

Maintenant, place aux jeux, au sport, au hasard, à la chance, aux plaisirs simples, aux rires faciles, aux divertissements sains.

Le but initial des organisateurs est atteint. Nombreuses sont les entrées, respectables sera la recette. Nous allons voir maintenant comment retenir, distraire cette assistance sympathique.

Nous voici donc devant l’entrée de la prairie. Grâce à une décoration appropriée, cette entrée doit être une réclame vivante et tentante pour la fête qui se prépare. Quelques détails techniques se rapportant aux entrées :

1)      Les entrées étant payantes, il y a lieu de faire une déclaration au fisc (voir chapitre jurisprudence).

2)      Pour les fournitures de tickets d’entrée, on peut s’adresser soit à un imprimeur, soit à une maison spécialisée (voir nos publicités).

3)      Entrée gratuite pour les enfants.

 

GARAGE DE VELOS 

Il faut prévoir un garage de vélos à l’entrée de la kermesse. On choisira un endroit ombragé ou un endroit ombragé ou un bâtiment où les visiteurs auront la possibilité de garer leurs vélos et de les garantir contre le vol. Pour le contrôle on utilisera des carnets à trois parties et vice versa. La première pour le propriétaire, la seconde portant le même numéro sera placée dans les rayons de la roue avant, la troisième servant de souche, avec, au besoin, les noms du propriétaire. Les vélos seront rangés par dix, suivant un ordre bien connu des tenanciers, de façon à les retrouver facilement. Un contrôle sévère devra être fait à la sortie. On peut également envisager des cours de fermes pour les autos et autres véhicules, ainsi que des endroits ombragés pour les chevaux. Indiquer ces emplacements par des flèches.


II. – ORGANISATION DU SPECTACLE 

Pour permettre les évolutions artistiques ou acrobatiques prévues au programme et afin que tous les spectateurs puissent jouir d’une vue excellente, il faut prévoir :

 

Une scène : C’est une tribune de fortune avec rambardes aux dimensions variables, selon les matériaux dont on dispose (6 m. x 4 m.), elle sera ouverte sur les quatre faces et montée au centre du terrain, sur trois de ses faces, si elle occupe un coin de la place, ou mieux le milieu d’un des côtés le plus favorable à la vue du public. Dans ce dernier cas (les quatre angles du podium étant toujours maintenus par quatre mâts verticaux portant drapeaux et oriflammes) le fond sera constitué par une toile (rideaux ou bâches) s’ouvrant pour permettre le passage successif des interprètes (prévoir à l’arrière, coulisses et escabeau de montée). Le podium peut être constitué par des poutres prêtées par un artisan local, disposées sur des tréteaux ou des fûts renversés, de tailles égales. La scène permet l’évolution de groupes peu nombreux dans des productions spectaculaires, à caractère scénique limité : représentations théâtrales ou séances de cinéma de plein air, l’écran étant fixé sur la toile de fond, danses anciennes et provinciales, danses modernes et ballets, exercices athlétiques ou acrobatie, pyramides, boxe, assauts d’escrime, poids et altères, etc…, numéros de music-hall, scènes mimées, concert, chœurs, guignol, radio crochet, etc…

Il est enfin nécessaire de prévoir pour les fêtes de nuits, où ces numéros peuvent être également présentés, un éclairage latéral ou axial, ainsi qu’une installation de projecteurs qui souligneront de leur lumière crue les gestes des athlètes, artistes ou acteurs.

 

2° La Piste d’Evolution : Qu’elle soit située dans un parc, une cour, une place ou une pelouse, cette piste devant recevoir les athlètes (écoliers ou adultes) qui évolueront avec des mouvements gymniques gracieux ou disputeront les compétitions sportives, doit être exactement et soigneusement délimitée. La pelouse avec son terrain souple, sa couleur verdoyante, ses possibilités de mouvements au sol, aurait nos préférences.

Le pourtour de la piste (piste carrée ou quadrangulaire) sera limité soit par des cordages, soit par une bordure de lattes ou plus simplement par un trait tracé à la chaux ; soit enfin si l’on est à court de matériel, par un barrage humain composé d’enfants ou de jeunes gens costumés, assis ou debout, ne prenant pas part aux exercices et assurant ainsi la police de la fête.

Les traces intérieures à la chaux ou à la sciure (damiers s’il s’agit de mouvements sur place, chaque exécutant se plaçant à chaque intersection de lignes : figuration d’un terrain sportif) auront été préalablement exécutées, afin de ne rien laisser à l’imprévu.

 

Nous classerons ainsi les différents exercices dont une piste ainsi limitée et aménagée permet le déroulement :

 

–          Leçon Type d’éducation physique avec ses diverses séries de mouvements et ses grands jeux.

–          Rondes chantées : évolutions enfantines, danses gymniques ou acrobatiques, farandoles (avec leurs accessoires : arceaux, cerceaux, voiles, écharpes, ruban, etc…).

–          Mouvements d’ensemble (garçons ou filles, ou mixte) exécutés sur place sur quatre faces, avec accompagnement musical (et s’il y a lieu, leurs accessoires : drapeaux, bâtons, etc…).

–          Compétitions sportives sur terrain à dimensions limitées : basket-ball, ping-pong (un challenge peut être mis en compétition entre plusieurs équipes, afin d’augmenter l’intérêt de la manifestation.

–          Exercices athlétiques avec agrès exigeant un grand espace : barre fixe, parallèles, mât horizontal, cheval d’arçon, pyramides.

–          Courses plates : sauts, relais.

–          Courses humoristiques : sacs valises, barriques, grenouilles, œufs, cloche pied, garçons de café, trésor, lenteur en vélo, jeu de baquet, etc…

–          Jeux avec pions vivants qui se déplacent au coup de sifflet : dames, échecs, ou évocation vivante de scènes allégoriques, de faits historiques (arbre de la liberté) de figurations symboliques (les trois couleurs du drapeau).

–          Courses à l’extérieur : pédestres ou cyclo-pédestres ou cross-country avec arrivée en plusieurs tours de piste dans l’enceinte de la fête, à une heure déterminée (fin de l’après-midi).

 

Si la configuration de la place permet le stationnement du public dans une partie élevée ou inclinée offrant une vue plongeante sur la piste d’évolutions, l’intérêt spectaculaire de la présentation en sera considérablement accru. Enfin pour permettre aux spectateurs de suivre et de comprendre, un haut-parleur commentera les différents exercices présentés.

 

3°- Le Programme : Toute latitude est évidemment laissée aux organisateurs d’une fête de plein air dans le choix de l’aménagement du programme scénique de l’après-midi. La mise au point de ce dernier dépend de l’importance de la localité et, par conséquent, du nombre des participants, du caractère de la fête et de son but, de l’espace, des moyens et du budget dont on dispose ; enfin du goût du public à qui la fête est destinée.

Créer une unité, une concordance de présentation entre le défilé et le spectacle, et la kermesse, ce triple visage de la manifestation suivant une seule idée, est évidemment un idéal qui donne à la fête un cachet artistique et spectaculaire indéniable.

 

Exemple : Je suppose que dans le cadre des chansons populaires françaises, nous choisissions «  Meunier tu dors ». le défilé comportera un groupe de meuniers et de meunières accompagnant l’habituel petit âne enfariné, ou bien un char avec son moulin à ailes, au pied duquel dort et ronfle le meunier classique ; tandis qu’une bruyante compagnie en vieux costumes chante pour le réveiller.

 

Sur la piste nous voyons fort bien une ronde joyeuse et tourbillonnante, interprétant la traditionnelle chanson avec mouvements et évolutions appropriés.

 

Enfin, un comptoir de la fête à l’enseigne «Au Vieux Moulin », offrira au public gourmand : gâteaux, brioches ou crêpes confectionnées – du moins théoriquement – avec la farine blanche du moulin, pendant que le «petit âne roux » portera sur son dos, autour de la place, son chargement de petits voyageurs payants, avides d’émotions équestres.

 

C’est évidemment là un idéal rarement réalisé, qui exige imagination, ingéniosité, travail et savoir-faire de la part du comité organisateur.

 

Plus simplement, dans la réalité, la fête offrira au public ses trois visages aux aspects divers et variés, et cela n’en contribuera pas moins à sa réussite, conditionnée essentiellement par le dévouement de ses promoteurs, le zèle de ses participants, la générosité de son public. Si les évolutions de l’après-midi comportent l’utilisation de la scène et de la piste, il est préférable d’épuiser l’emploi de l’un avant celui de l’autre. Enfin, s’il nous fallait établir un programme horaire type, nous adopterions la succession rationnelle suivante des différentes parties de ce programme :

14 h.-15 h.       :  Mouvements, évolutions danses (podium ou piste). Entr’acte d’une demi-

    heure.

 

15 h. 30 – 16 h. : Exercices aux agrès ou courses de toutes sortes (piste). Entr’acte une demi-

    heure.

 

16 h. 30 – 17 h. : Compétition ou match (piste). Entr’acte une demi-heure.

 

17 h. 30 – 18 h. : Concert vocal (chœurs) ou instrumental (fanfare, clique ou harmonie –

     podium).

 

Les entr’actes sont nécessaires. Ils permettent au public de se délasser, de circuler dans l’enceinte de la fête, de visiter les stands, de tenter sa chance aux jeux et loteries, de se rafraîchir, en un mot de participer par ses achats aux succès financier de l’œuvre. On peut évidemment épuiser l’attrait scénique du programme sans arrêts ni entr’actes et terminer plus tôt pour laisser aux spectateurs plus de loisirs et de temps. Mais est-on bien sûr que ce même public ne pensera pas au retour dès que l’intérêt du spectacle pour lequel il s’est déplacé aura été épuisé ? Nous préférons, pour notre part, échelonner l’horaire du programme sur tout l’après-midi, en coupant par des entr’actes les diverses productions.

 

Ainsi donc le succès moral de la fête aura été atteint, il s’agit maintenant d’en assurer le succès financier qui est, somme toute, la raison d’être de cette manifestation. Dans ce but, nous allons étudier l’installation des comptoirs, stands, bars, jeux et attractions diverses destinés à créer cette atmosphère bruyante et joyeuse de kermesse, où le spectateur, le public, devient lui-même acteur enthousiasme et bon vivant dont le cœur vibre à l’unisson de sa générosité.

 

4° la Kermesse : la kermesse est une fête populaire qui doit être de bonne tenue et de bon goût et placée sous le signe d’une franche gaîté. Elle doit toujours être originale si possible artistique, mais jamais ridicule. Le public attend toujours de ces festivités locales une saine distraction. Elle demande une longue préparation sur laquelle nous insisterons. Son succès dépendra surtout du choix heureux des distractions et aussi de la qualité et de l’harmonie de la décoration qui devra toujours être artistique.

 

Nous allons donc étudier son déroulement sous les  aspects suivants :

  1. Les stands.
  2. généralités sur la tenue des stands.

 

  1. LES STANDS 

Le matériel et sa disposition 

La présentation idéale des comptoirs et des stands est la disposition en fer à cheval, le fond étant occupé par les bars populaires ou de dégustation et la piste de danse ; et les deux côtés rectilignes ou incurvés par les comptoirs eux-mêmes et les attractions. Précisions, pour conserver une symétrie agréable à l’œil : comptoirs d’un côté, attractions de l’autre, bars au fond. Ceci n’est évidemment pas une règle absolue, mais une indication que l’on adaptera selon le lieu et les circonstances. De cette façon, la partie centrale de la place, réservée aux évolutions spectaculaires dont il a été parlé au chapitre précédent, est judicieusement encadré et tout concourt à la présentation artistique d’une manifestation d’art et de bon goût qui forme par elle-même un tout harmonieux et plaisant. 

Page 78 (schéma) 

Pour faciliter le contrôle, on installera une seule entrée-sortie et une disposition des stands en fer à cheval qui permet une visite circulaire des attractions et retour au point de départ, d’où l’on peut partir à nouveau. Dans le schéma on remarquera que la place laissée au public entre la piste d’évolutions et la fête foraine, est intentionnellement réduite, sans être cependant restreinte à l’extrême, cela permet aux spectateurs pendant les entr’actes d’être immédiatement « à pied d’œuvre » pour la visite des comptoirs, et leur participation active à la vie financière de la fête. Enfin, cette disposition (matérielle) montée aux limites du terrain permet aussi de dissimuler à l’arrière des attractions tous les accessoires gênants, tels que : caisses, boîtes, paniers, bouteilles, fourneau à crêpes, etc…, l’envers du décor… et de sauvegarder l’esthétique du cadre de la manifestation.

 

Le montage des stands et comptoirs peu se faire soit isolément, soit collectivement, en ligne. Le comptoir isolé, ouvert sur plusieurs côté, a nos préférences ; Il offre une variété de présentation qui a son intérêt et son charme. Comptoirs carrés, quadrangulaire, hexagonaux, circulaires, ou semi-circulaires, rompent la monotonie d’une présentation rectiligne et uniforme. Une telle présentation exige un matériel abondant, coûteux, assez fragile et un emplacement spacieux. L’armature d’un stand formé de tubes métalliques creux et légers, s’emboîtant les uns dans les autres à la façon d’une canne à pêche, serait évidemment l’idéal.

 

Le matériel peut être prêté par des artisans locaux, et il comprendra des tréteaux dont il sera nécessaire de consolider la mise en place et des planches ou tables pleines ou à claire-voie, sur lesquelles une étoffe sera disposée. Il sera nécessaire de prévoir une couverture protégeant du soleil ou de la pluie, formée soit de verdure, soit de branchages (tiges de genêt par exemple), soit d’une bâche ou simple toile. Les maisons spécialisées louent à la journée ou à la surface des bâches ou des toiles d’entourage.

 

Si l’on adopte le montage de stands en ligne, l’armature en sera constituée par un montage de chevrons de trois à quatre mètres de portée, formant travée autonome pouvant s’accoler les une aux autres, selon un plan conçu à l’avance ; et permettra l’aménagement des comptoirs divers. Ces comptoirs composés selon leur importance, d’une, deux ou trois travées, ne seront évidemment accessibles au public qu’en façade seulement. Des tables, des escabeaux, étagères au besoin, seront prévus pour les occupants de chaque comptoir et la présentation de leurs articles. Ce matériel auquel s’ajoutent des ustensiles de toutes sortes : vaisselle, caisse, etc…, est le plus souvent prêtée ou loué. Une excellente précaution à prendre pour le responsable d’un stand est de faire l’inventaire du matériel de ce stand dès sa prise de possession, afin que la restitution en soit facilitée aussitôt la fête terminée.

 

Des entreprises spécialisées dans la fourniture de matériel d’installation de stands, comptoirs, scènes, pistes de bois, gradins, entourages, peuvent utilement guider de leurs conseils les organisateurs des fêtes de plein air. Leur matériel conçu pour tous genres d’installation et sur tous terrains, sera d’une utilité certaine.

 

 

  1. GENERALITES SUR LA TENUE DES STANDS 

Il convient d’abord de poser les deux principes généraux suivants. : 

1° La tenue d’un stand ne s’improvise pas.

2° Le responsable d’un stand doit se considérer en service commandé, c’est-à-dire mettre toute son activité pour faire fructifier au mieux la caisse du stand dont il a pris bénévolement la charge.

 

Le directeur général de la fête ayant établi la liste et le plan de ses comptoirs, sollicité et obtenu les bonne volontés nécessaires au fonctionnement de chacun d’eux, acheté ou loué le matériel, les objets, denrées ou marchandises afférents aux stands, initié préalablement chaque responsable au fonctionnement de son stand, ceci afin d’éviter toute improvisation et tout tâtonnement de dernière heure. Ce n’est pas au dernier moment qu’il convient de prendre contact avec chaque tenancier de stand, encore moins faut-il laisser ce dernier sans instructions préalables, en faisant confiance à son esprit d’initiative.

 

Il nous a été donné d’assister à des kermesses où aucune explication n’ayant été donnée aux responsables des stands, ceux-ci distribuaient aux gagnants d’une loterie par exemple, en premier lieu et sans avoir établi de moyenne, les plus beaux lots. Peu à peu, l’étalage se vidait de ses richesses et la clientèle occasionnelle désertait rapidement un  comptoir qui n’offrait plus aux chalands que des objets de valeur minime. La caisse du stand réservait la pénible surprise d’une perte à peu près certaine ou, tout au moins, d’un bénéfice ridiculement modique en égard au chiffre d’affaires réalisé. Enfin le responsable d’un stand sera toujours une grande personne, qui pourra évidemment s’adjoindre des plus jeunes ; en aucun cas, la direction d’un stand en sera confiée à de trop jeunes, à qui le sens de la responsabilité échappe parfois. Donc, étude concertée et mise au point à l’avance du fonctionnement d’un comptoir entre le directeur général de la fête et le responsable choisi. Une maison spécialisée dans la fourniture et l’achalandage des stands peut initier le Président et le tenancier du comptoir, et faciliter leur tâche.

 

Remarquons aussi que la présentation des marchandises et des objets joue un rôle essentiel par l’attrait qu’il exerce sur la clientèle. Un stand qui ressemblerait à un étalage de la foire aux puces serait sans intérêt. Le contenu des caisses doit être déballé en entier de façon à faire l’étalage le plus copieux, le plus varié possible, agréablement présenté et judicieusement mis en valeur (n’oublions pas que les fournisseurs spécialisés reprennent généralement les invendus). La tentation des plus beaux lots placés en évidence doit être permanente. De plus, les règles d’acquisition des objets (loteries ou jeux) doivent être brièvement et clairement rédigées sur un carton placé au centre du comptoir, de façon très lisible et très apparente. Que dire aussi de la réclame verbale, et si possible pittoresque, vivante, bruyante, présentée par les vendeurs aux coiffures excentriques et aux masques hilares. Le chiffre des recettes n’est-il pas souvent fonction du dynamisme de ses artisans. 

La décoration des stands a été traitée à la page 27. »

Livre Edmond Fillon

 

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