Extrait du livre d’Edmond FILLON 2/2

En 1950, Edmond FILLON, fils de Théophane et Marie FILLON (fondateurs de la société en 1901), a écrit un livre « LA TECHNIQUE DES FETES DE PLEIN AIR » à l’attention des organisateurs de fêtes de l’époque.
Même si l’époque n’est plus la même, si le public et les mentalités sont différents, si l’on y parle en Francs, … cet ouvrage présente quelques ‘fondamentaux’ encore d’actualité aujourd’hui et surtout une multitude d’idées d’animation.

Voici la deuxième partie qui comprend le châpitre :
3. Partie commerciale de la fête

Livre Edmond Fillon

« III. – PARTIE COMMERCIALE DE LA FETE 

1° APPROVISIONNEMENT 

a) Dons : On pourra solliciter et accepter tous les dons de toute natures : ouvrages confectionnés, produits de la ferme, etc… 

b) Achats à prévoir : Le succès des stands, comptoirs, loteries, sera assuré si on a présenté au public que des articles sélectionnés et éprouvés par l’expérience ; Si l’on persiste à ne se contenter que de dons, on ne récolte trop souvent que des choses insignifiantes, démodées et défraîchies qui ne retiennent pas l’attention du public. Les articles spéciaux à succès pour les loteries, les tombolas et les stands de vente peuvent être fournis « à condition » et au prix de gros. Ils satisferont à la fois les acheteurs et les organisateurs. L’importance des achats à prévoir sera fonction du nombre des entrées espérées. Voici une liste type d’achats indispensables à l’organisation d’une kermesse : 

–                     Billets de souscription.

–                     Tickets d’entrée.

–                     Insignes de journée.

–                     Guirlandes pour décoration.

–                     Drapeaux.

–                     Papiers divers : crépon, serpente, kraft, métallisé, doré et argent.

–                     Coiffures papier, articles cotillon.

–                     Confetti et serpentins.

–                     Confiserie, nougats, cacahuètes, sucettes, sucres d’orge, sachets bonbons.

–                     Articles pour surprises : pêche à la ligne, puits mystérieux, fours, pêche aux

 cygnes. (lots de 5 à 10 francs l’un)

–                     Gâteaux, pâtisserie, glaces, sandwichs.

–                     Lots pour : tombolas, jeux divers, concours.

–                     Ballonnets pour concours, cartes et gaz.

–                     Ouvrages de dames.

–                     Articles spéciaux pour lot unique de tombola : pour enfants ou grandes

personnes.

–                     Vins mousseux, vin blanc et  rouge.

–                     Bière, limonade, soda, apéritif (avec licence).

–                     Nécessaires complets pour dîners champêtres, et serviettes et nappes papier

 blanches ou couleurs.

–                     Carton en plaque pour installation.

–                     Carton de tir. Balles

–                     Punaises, épingles, ficelle. 

2° VENTES A ENVISAGER 

Il y en a plusieurs que nous allons envisager et étudier : 

a)      Vente par ambulants : C’est un excellent moyen qui consiste à faire circuler parmi la foule des jeunes gens et jeunes filles, vendant les objets les plus divers mais peu encombrants, par exemple :

–          Moulins celluloïd.

–          Tickets loteries.

–          Insignes de journée.

–          Jeux de cœurs.

–          Jeux de rencontre.

–          Horoscopes fantaisistes.

–          Sachets de pralinettes et cacahuètes.

–          Jouets nouveaux, etc… 

b)     Vente aux enchères : Ce procédé de vente obtient toujours auprès du public un gros succès. Bien conduite et bien achalandée cette vente procure généralement de gros bénéfices. 

c)      Enchères à l ‘Américaine : Mentionnons pour mémoire la vente aux enchères à l’américaine aujourd’hui bien dépréciée. 

d)     Vente direct par stands divers : Pour les produits remis gracieusement à la disposition des organisateurs (produits de la ferme ou denrées similaires) il sera procédé à leur vente, en dehors du programme de la fête, le matin par exemple, sous la forme vivante d’un marché. 

Quant aux autres dons, ouvrages de dames, objets de layette, tricots, broderies, sous-verres, etc…, ils pourront être groupés dans un stand agréablement décoré et agencé. 

L’expérience nous a appris que les comptoirs de vente suivants étaient d’un réel profit pour les kermesses, mais il est nécessaire d’apporter tous les soins à la décoration et à l’achalandage et à la présentation de ces comptoirs de vente. 

– Pâtisserie-Glaces : La pâtisserie sera en principe près du buffet, la logique le commande : manger donne soif. Des pâtissiers locaux fourniront des gâteaux de tous genres (secs et à la crème) qui doivent toujours être impeccablement présentés. On adjoindra à cette vente une dégustation de glaces toujours appréciées pendant les chaleurs. 

– Confiserie : La confiserie pourrait être rattachée à la pâtisserie, mais nous conseillons d’en présenter à plusieurs endroits différents de la kermesse, pour multiplier les recettes. Le public ayant tendance à acheter là où il se trouve. Les articles de grosse vente sont : les nougats, bonbons en sachets, sucres d’orge, étuis acidulés, sucettes, chewing-gum, petits objets de verre garnis de bonbons multicolores, menthe glaciale. Ne pas proposer de chocolats qui fondent à la chaleur. 

–          Cacahuètes grillées : Dans certaines régions, les cacahuètes sont très appréciées et en dehors de la vente ambulante, il y a intérêt à les exposer en vrac sur une table. 

–          Articles de cotillon : Insignes de la fête, chapeaux, grotesques et multicolores, petits drapeaux, mirlitons, serpentins, masques, musiques, éventails, mascottes, fétiches, tout ce qui contribue à donner une ambiance de joie et de fantaisie burlesque à une fête, seront vendu à ce stand par des jeunes gens et jeunes filles eux-mêmes affublés des articles offerts. Au besoin, quelques compères mêlés à la foule et connus pour leur dynamisme, leur entrain, à qui ces mêmes articles auront été distribués, donneront le ton à la foule. 

–          Bazar : L’expérience nous a appris que les articles utilitaires se vendent très peu, par contre les objets qui se vendent le mieux sont les petits jouets d’enfants dont le prix ne dépasse pas 100 francs : montre bracelet, baigneur celluloïd, trompette, flûte, poupée, balle caoutchouc, ou des articles de parfumerie bon marché. 

–          Braderie : Les organisateurs auront intérêt à grouper dans ce stand des articles de tous genres et de tous genres et de toutes provenances achetés au prix de gros, et par grande quantité, et vendus aux spectateurs à des prix inférieurs à ceux pratiqués en magasin. 

Ces ventes présentent toujours un gros intérêt pour l’acheteur, compte tenu de l’effet psychologique fait sur celui-ci par ce genre de vente. 

–          Bars : Nous distinguerons :

Le bar populaire,

Le bar mousseux. 

Le Bar Populaire : Spacieux, aéré, rustique, vend les vins blancs et rouges, les bières, les limonades et les sodas (se ravitailler en glace pendant la période estivale).

Le matériel d’installation (tables et bancs) pourra être prêté par le fournisseur de bière ou de vin.

Voici quelques données d’ordre pratique pour la gérance du bar :

Demander au fournisseur de vin de livrer sa commande une partie en fûts, une partie en litres. Le contrôle de la vente, si l’on commence par les fûts, en sera facilité. Prévoir tiroir-caisse, linge d’essuyage, monnaie, bassines, cuveaux et eau potable, et l’installation électrique pour le soir. Assurer la permanence pendant le dîner s’il y a fête de nuit.

Installer deux caisses pour faciliter le service si le bar comporte une façade de 16 mètres ou plus. Les serveurs paient à la caisse correspondant aux tables de leur service en prenant possession des consommations demandées dont ils se feront immédiatement rembourser le prix par les clients.

On peut adjoindre au bar populaire la vente de sandwichs confectionnés en dehors de la vue du client, et des brioches. Il pourra être prévu au bar un comptoir sans sièges où seront servis les consommateurs pressés.

 

Le Bar Mousseux : Eloigné du bar populaire, plus décoré, mieux agencé, plus intime, le bar mousseux offrira le confort de ses chaises, de ses petites tables de jardin, de sa terrasse, de ses ombrages, de ses consommations plus délicates et plus chères. On pourra d’ailleurs le cas échéant ajouter au mousseux d’excellents vins d’appellation contrôlée, servis dans des verres ad hoc. On y servira également des jus de fruits. L’aménagement de ce stand, avec son entourage, sa cave, son éclairage, son service, rappellera, toutes proportions gardées, le bar populaire. Pour lui donner une certaine originalité, on peut prévoir : une piste avec rangées de tables circonscrites composant soit un décor exotique ou pittoresque, soit un rancho mexicain ou une hutte tahitienne, bar américain ou paillote indigène. Un orchestre costumé aura mission de créer l’indispensable et dynamique ambiance propre à une telle reconstitution. Des concours de costumes et de danses, des farandoles ou cotillon pourraient alors être organisés.

Au bar mousseux, on peut prévoir, de 5 à 7 heures, un apéritif concert avec instruments à cordes ou disques avec le pick-up, pendant lequel on augmentera le tarif des consommations.

Ce bar pourra organiser le cas échéant des dîners froids le soir. 

–          Comptoir de librairie-papeterie : S’adresser à un commerçant local qui reprendra, le cas échéant, l’invendu. On peut y vendre également les chansons. 

e)      Vente indirecte par : 

TOMBOLAS 

a) Tombola des billets d’entrée. – Pour retenir le public jusqu’à une heure avancées de la soirée, prévoir une tombola des billets d’entrée avec un lot unique à tirer en fin d’après-midi. 

b) Tombola ordinaire. – Nous avons parlé longuement de son organisation technique à la page, à laquelle le lecteur est prié de se reporter.

La tombola diffère de la loterie (de laquelle nous parlerons plus longuement) en ce sens que les chances du participant jouent sur un plus grand nombre de billets, et que les lots offerts sont moins nombreux, mais d’une valeur plus importante. Elle a en outre un caractère occasionnel et un tirage unique, alors que la loterie est permanente, incessamment renouvelée et ne peut distribuer qu’un lot à la fois. 

LOTERIES 

La variété des genres de loteries est considérable. Toutes reposent sur le même règlement dont le pourcentage variable d’une loterie à l’autre, s’échelonne de 5 à 20% des numéros émis.

            Une fête ne durant que quelques heures, les loteries les meilleures sont celles où le client n’a pas à attendre le tirage, parce qu’un même client peut en quelque minutes tenter sa chance plusieurs fois jusqu’à ce qu’il puisse emporter le lot convoité. Par contre, les systèmes à vente de plaquettes que l’on ne tire qu’après avoir trouvé dix à vingt joueurs, sont lents et laissent parfois la clientèle, qui ne sera pas tenté de faire plusieurs parties. Cependant on peut tirer une partie même si les plaquettes ne sont pas toutes vendues, celles restant dans la main du vendeur donnent au stand les mêmes proportions de bénéfice, car il joue lui-même ses numéros comme le public.

            Le succès de toutes les loteries dépendra avant tout de l’achalandage des stands en de très beaux lots spécialement étudiés et expérimentés sur le public des fêtes. Les stands des loteries devront être artistiquement décorés et abondamment garnis de lots exposés sur des gradins. Nous insistons sur la nécessité de l’abondance des lots à présenter en loterie au public, sachant que pour assurer une vente de 100 lots il faut en avoir 150 et laisser encore ainsi un très beau choix aux derniers joueurs. Les achats à condition permettent une richesse considérable ‘exposition et aussi une réserve de lots disponibles en cas du succès de la loterie, et des autres stands.

            Les maisons spécialisées possèdent une grande variété de loteries pouvant s’adapter à tous les goûts et à tous les publics. Pour l’organisation de tels comptoirs l’avis autorisé de ces maisons qui allient l’expérience à un extraordinaire choix de lots les plus divers sera précieux pour les organisateurs de kermesses.

PRINCIPES D’EXPLOITATION DES DIFFERENTES LOTERIES 

Dame Pamela : Mannequin représentant une dame dont la robe est faite de pétales détachables au dos desquels seront inscrits les numéros gagnants ou perdants. La moyenne des gains pourra se faire se faire comme pour la loterie des enveloppes surprises. Il suffira aux joueurs de toucher un pétale à l’aide d’une baguette, et tenancier détachera le pétale désigné et attribuera un lot si le numéro choisi est gagnant. 

Loterie des parfums : Cette loterie consiste à vendre un tube de parfum de bonne qualité entourée d’un numéro. Le prix de vente du tube sera de 20 Fr., sont prix d’achat de 6 Fr. Les numéros gagnants seront au nombre de 1 sur 10 billets à vendre, 1 sur 15, 1 sur 20 suivant l’importance de l’assortiment de parfumerie à distribuer. Créer un comptoir inspiré d’une boîte de poudre, facile à réaliser avec du papier crépon de couleur, dont l’effet est toujours très heureux. 

Loterie Pic-Pic : Ce jeu a connu une très grande vogue dans les cafés, mais n’est plus autorisé par la loi. Il peut être exploité dans une enceinte privé où il présentera l’intérêt d’une nouveauté. Son principe n’a rien de malhonnête puisqu’il réalise comme bénéfice le menu pourcentage, c’est-à-dire le double du prix d’achat comme tous les autres stands. L’exposition des lots se fera sur carton de 0 m. 80 sur 0 m. 65, très décoré et artistiquement présenté.

Dans une kermesse, on ne devra présenter que des objets de fantaisie. Une de ces loteries dite « Pic-Pic » sera réservée aux dames avec des colliers, bagues, parfums, poudre de riz, peignes, fétiches japonais, porte-bonheur, etc…, et une autre aux messieurs avec des fume-cigarettes, en cuir ou en matière plastique, couteaux, etc…

      Cette loterie originale a l’avantage d’être légère et transportable à tous endroits de la kermesse par un homme sandwich sollicitant les spectateurs par sa verve, notamment près des bars, buffets et tous les endroits où le public s’est amassé. Pour activer la vente des trente à quarante derniers trous et précipiter le tirage  définitif, un très gros lot d’une valeur de 1.000 francs exposé avec les autres lots sera au joueur qui aura piqué le dernier trou. La loterie porte 440 trous vendus chacun 20 francs. Il y a un trou gagnant sur cinq, donc,  donc 88 trous avec ticket gagnant. 

Lapinodrome : Douze trous numérotés de 1 à 12 sont pratiqués dans quatre planches, dressées en forme de carré. On met une carotte à l’entrée de chaque trou. Le lapin lâché sur cette piste improvisée dresse l’oreille, s’oriente, hésite et s’aventure dans un trou…qui gagne, car on a eu soin de vendre douze planchettes numérotées comme les trous de 1 à 12. Il est possible de transposer sur un plan humoristique ce jeu, en donnant à chaque participant une ligne munie d’une carotte en guise d’appât. Le plus malin ayant su attirer le lapin à sa propre carotte, gagne ledit lapin. 

Loterie japonaise : Installer et décorer un stand dans le goût japonais, avec lanternes, paravents, fumerie orientale, etc…, tenu par un personnage déguisé. Exposer des articles dans le genre : ombrelles, cendriers ordinaires, grands stores, nattes, etc… Vendre à chaque joueur une très jolie ombrelle miniature japonaise, 30 francs, la numéroter. Prévoir un gagnant pour 10 ombrelles vendues. 

Loterie des baigneurs : Exposer avec des poupées des baigneurs celluloïd de toutes grandeurs. Vendre des baigneurs de 5 à 6 cm. 20 francs., tous numérotés. Le pourcentage des numéros gagnants sera réglé d’après l’importance et la valeur des lots à distribuer. 

Loterie « Porte-Bonheur » : fétiche éléphant. Un joli petit fétiche, d’une valeur de 5 francs, suspendu à un cordonnet, est proposé pour 20 francs. Procéder pour les lots à gagner comme nous allons l’indiquer pour la loterie des nougats. 

Loterie « Majestic » : On vend des billets numérotés de 1 à 100 et roulés sous un élastique : 10 ou 20 francs. Un carton de grand format indiquera les lots à gagner. Voici un exemple calculé pour une partie à 10 francs le billet : 

Les numéros finissant par 5 gagnent                                   1 lot coûtant 6 Fr., soit achat total 60 Fr.

Les numéros finissant par 10-20-30-40 gagnent              1 lot coûtant 10 Fr., soit achat total 40 Fr.

Les numéros finissant par 50-60 gagnent                         1 lot coûtant 30 Fr., soit achat total 60 Fr.

Les numéros finissant par 70-80 gagnent                          1 lot coûtant 50 Fr., soit achat total 100 Fr.

Les numéros finissant par 90 gagnent                                1 lot coûtant 80 Fr., soit achat total 80 Fr.

Les numéros finissant par 100 gagnent                              1 lot coûtant 150 Fr., soit achat total 150 Fr. 

Soit donc 1.000 francs de recettes pour 490 francs d’achat.

Pour les billets vendus 20 francs il faudra donc doubler le prix d’achat. Le système de loterie donnant un gagnant pour cinq joueurs connaît le succès près du public par la fréquence de la distribution des lots. 

Loterie à lot unique : Pour un lot important ou gros lot d’une valeur d’achat en gros de 1.000 francs, 1.500 ou 2.000 francs, tel que : grande poupée, vélo garçon ou fille, carpette, service à café ou à gâteaux, série de casseroles, pendule, chaise longue, fauteuil, etc…, on fera vendre une personne se promenant dans la foule, le jour de la fête autant de billets numérotés à 10, 20 ou 50 francs, qu’il sera nécessaire, pour doubler le prix d’achat de l’objet à gagner. Nous conseillons de vendre également des billets quelques jours avant la fête. Une fois la vente des billets terminée, on procédera en public au tirage du numéro gagnant. 

Jeu de chevaux : Ce jeu tournant monté sur une vis hélicoïdale fonctionne en le retournant dans les deux sens, il comporte neuf chevaux numérotés de 1 à 9. La partie étant fixée à 20 francs, la recette de  180, on remet au gagnant un lot d’une valeur moyenne de 90 francs à l’achat. Les joueurs auront misé à l’avance sur un tapis portant les numéros de 1 à 9, avec un anneau de bois représentant leur enjeu. 

Tourny clowns : Même jeu que celui ci-dessus, mais les chevaux seront remplacés par deux clowns. Le tapis n’aura que hui cases sur lesquelles miseront les joueurs. 

Roue des couleurs : Prendre de préférence une roue posée à plat ou verticalement et tournant autour de l’axe sur laquelle seront peintes quatre cases avec as et quatre cases colorées. Une flèche fixe montée sur le bâti indiquera la case gagnante. Le système de jeu sera le même que pour le jeu de chevaux, avec un tapis de huit cases. Pour la partie à 10 Fr., un lot de 80. 

Roue de la fortune : Monter verticalement une roue de bicyclette ou de voiture, mobile autour de son axe, et numérotée de 1 à 100. un index fixe indiquera le numéro gagnant. Vendre les 20 plaquettes portant 5 numéros différents 10 ou 20 Fr. selon que l’on distribuera des lots de 100 ou 200 Fr. 

Course de chiens : Chiens de 20 cm. De long avançant sur une planche inclinée, le premier arrivé gagne le lot. A 20 Fr. par joueur, soit 120 Fr. de recettes, le lot remis au gagnant sera d’une valeur de 50 à 60 Fr. Le jeu tout monté peut être livré en coffret à un prix très accessible. 

Loterie avion-volant : Un avion fixé sur une tige horizontale avec contrepoids, fonctionnant par la force centrifuge sur un pivot axial. Le socle de cet avion, de 40 cm. De diamètre, sera posé sur une table rectangulaire que nous conseillons de recouvrir de glaces argentées (miroirs) sur lesquelles seront disposés des objets de fantaisie, à gauche pour les dames et à droite pour les messieurs. Cet ensemble procure un effet heureux. Sur le bord extérieur de la table, on tracera deux rangées de huit cases, pour permettre aux dames comme aux messieurs de jouer. Les mises remplacées par des anneaux seront à 10 ou 20 Fr. pour des lots valant 40 ou 80 Fr. Cet avion, de fabrication soignée et scientifique d’un prix de 1.000 Fr., peut être acheté et rester la propriété des organisations. 

 Loterie des poissons rouges : Loterie organisée avec billets numérotés, roue tournante ou avion, dont l’enjeu sera des poissons rouges exotiques vivants, présentés dans de petits aquariums individuels. 

Loterie d’oiseaux vivants : Des serins, perruches, seront mis en loterie, suivant les mêmes procédés que pour les poissons rouges. 

Vieux tournant forain : Avec deux étagères superposées pour l’exposition des lots. Le plancher circulaire tournant sera entouré de balustres (pointes de 8 cm.). Les intervalles entre celle-ci seront peints de la façon suivante : deux rouges successifs et un blanc.

Une flèche fixe arrêtée sur un intervalle blanc désignera « gagné ». Les lots de l’étage supérieur correspondent à la fois « gagné », les lots de l’étage du milieu, deux fois « gagné » et ceux du bas, quatre fois « gagné ». Pour la partie à 10 Fr. on devra remettre : un lot de 15 Fr., 30 Fr. et 50 Fr. à l’achat. 

Loterie nougat : Un nougat vendu au public 20 Fr. est enveloppé d’un papier contenant un nombre compris entre 01 et 100. Il y a un gagnant sur 5, c’est-à-dire que tous les numéros terminés par un 0 ou par un 5 gagnent un lot. Voici comment s’établit la comptabilité de l’opération : 

RECETTES DEPENSES
100 nougats à 20 Fr. = 2000 Fr. Achat de 100 nougats à 5 Fr. = 500 Fr.
  8 lots intéressant les n° terminés par 5, sauf 25 et 75, d’une valeur moyenne de 5 Fr. = 40 Fr.
  8 lots intéressant les n° terminés par 0, sauf 50 et 100, d’une valeur moyenne de 15 Fr. = 120 Fr.
  Lot destiné au n° 100 = 160 Fr.
  Lot destine au n° 50 = 100
  2 lots destinés aux n° 25 et 75 à 40 Fr. = 80 Fr.
  Bénéfice réalisé = 1.000 Fr.
TOTAL = 2.000 fry TOTAL EGAL = 2.000 fry

 

On peut remplacer le nougat par un bâton de sucre d’orge ou un bonbon, le principe reste le même. 

Loterie de l’arc en ciel : 1 gagnant sur 7. Une calotte sphérique divisée en sept segments reproduisant les couleurs de l’Arc en Ciel, tourne autour d’un axe, dans un plan horizontal. Un index (tige flexible en acier) indique, à l’arrêt de la roue, la couleur gagnante. D’autre part, un carton reproduisant les sept couleurs en quadrillage (carrés de 20 cm. De côté) est placé sur une table près de la roue. On mise 10 Fr. ou 20 Fr. sur une couleur ou sur plusieurs au gré du joueur. Il y a évidemment 1 gagnant sur 7.Le lot correspondant à 10 f. de mise de 20 Fr., le lot a une valeur double. Il n’est pas nécessaire pour jouer d’attendre qu’il y ait des mises sur les sept couleurs.

L’originalité visuelle du jeu provient dans le fait que la calotte colorée tournant vite reproduit, on le sait, la couleur blanche. 

Loterie des couleurs et des chiffres : Deux roues d’égal diamètre, divisées en quatre secteurs égaux et placées côte à côte, tournent simultanément. Sur les secteurs de l’une sont les chiffres 1-2-3-4. Les secteurs de l’autre sont colorés en jaune, bleu, rouge et vert. Un seul index, dont une extrémité est dirigée vers la roue des chiffres et l’autre vers celle des couleurs, indique le gagnant. Deux éléments entrent donc en ligne de compte pour déterminer ce dernier : le chiffre et la couleur. On mise par exemple sur 1 rouge, ou 3 bleu ou 4 vert.

D’autre part, on a à sa disposition 16 plaquettes numérotées de 1 à 4 dans les quatre couleurs différentes, mais on ne présente au public qu’un jeu de quatre couleurs à la fois. Il y a donc 1 gagnant  sur 16, ou mieux 1 chance sur 16 mises. Selon que le prix de la plaquette est de 10 ou 20 Fr., les lots gagnés sont de l’ordre de 80 ou 160 Fr. Là encore il n’est pas nécessaire que les seize plaquettes soient placées pour jouer ; la gagnante pouvant être fictivement le responsable lui-même du jeu par les plaquettes restant à placer. 

Enveloppes surprises : Des enveloppes fermées, vendues à un prix unique, contiennent la mention « gagné » ou « perdu ». On a établi au préalable la proportion des gagnants et choisi en conséquence les lots de l’étalage.

On peut considérer aussi que toutes les enveloppes soient gagnantes. Cela suppose un calcul préalable pour fixer une valeur moyenne des lots, à la manière de la loterie-nougat.

Prenons un exemple que nous appellerons la loterie des cartes à jouer. Dans chaque enveloppe d’un paquet de 32, nous glissons chacune des 32 cartes d’un jeu d’enfant. Ces enveloppes rassemblées dans une corbeille sont vendues par une seule vendeuse. Voici une répartition possible des lots, selon la règle générale que nous nous sommes imposés : 

RECETTES

DEPENSES

32 enveloppes à 20 Fr. = 640 Fr. Chacun des 4 As gagne 1 lot de 25 Fr. = 100 Fr.
  4 rois, 1 lot de 20 Fr. = 80 Fr.
  4 dames, un lot de 12 Fr. = 48 Fr.
  4 valets, 1 lot de 8 Fr. = 32 Fr.
  4 dix, 1 lot de 5 Fr. = 20 Fr.
  Chacune des 12 cartes qui restent gagne un insigne ou un lot de faible valeur = 30 Fr.
  Prix des 32 enveloppes = 10 Fr.
  Bénéfice réalisé 50% du chiffre vente = 320 Fr.
Total = 640 fry Total égal = 640 Fr.

 

Loterie des fleurs : 10 plaquettes portant, dans un ordre quelconque, les nombres de 1 à 30 à raison de 3 plaquette, sont vendues à 10 clients. Une roue de loterie numérotée de même sur sa circonférence de 1 à 30, tourne dans un plan vertical et indique à l’arrêt le gagnant. La présence de fleurs naturelles disposées avec goût permet une décoration artistique du comptoir. 

 Loterie berlingots ou « A tous les coups l’on gagne » : C’est le principe de la loterie des marchands forains où le chiffre gagnant de la roue numérotée indique le nombre de bonbons ou berlingots que doit recevoir l’intéressé. On peut opérer de la même façon avec des billes. On remarquera que ce sont les chiffres les moins élevés qui reviennent le plus souvent. En tablant sur le prix de revient de la confiserie, on répartira au mieux les nombres sur la roue, afin d’établir, par des essais répétés, une honnête moyenne. 

Loterie ménagerie : On vendra des gâteaux secs et sucrés de qualité extra représentant divers animaux sauvages portant chacun un billet numéroté de 1 à 100 enroulé autour du corps. Selon l’importance des lots exposés il y aura un gagnant pour tous les billets finissant par 5 ou par 0. Cette loterie toute nouvelle a beaucoup de succès. Nous conseillons d’y faire gagner de préférence des vins blancs ou mousseux de la façon suivante :

 –          Les numéros finissant par 5 gagnent 1 gobelet.

–          Les numéros finissant par 0 gagnent 1 bouteille de vin.

 

Prix d’achat :        10 gobelets à 8 Fr.                  80 Fr.

                             10 bouteilles à 75 Fr.              750 Fr.

                             1 série 100 gâteaux à 1,70.     170 Fr.

                                                                            _______

Achat total                                                          1.000 Fr.

Pour 100 ventes à 20 Fr. soit                               2.000 Fr.         

Loterie caramels : Des caramels enveloppés d’étain avec à l’intérieur une mention « gagné » ou « perdu » peuvent être employés pour réaliser une loterie à 10 ou 20 Fr. la partie en combinant le nombre de gagnants qui devra figurer dans chaque série de 100. 

JEUX 

Il est indéniable que la partie essentielle de la kermesse est celle consacrée aux jeux et concours. Nous leur réservons une large place dans ce livre, aux organisateurs de puiser parmi nos suggestions celles qui leur conviendront. Nous distinguerons les jeux exigeant un matériel simple, pouvant être réussis à peu de frais par les organisateurs eux-mêmes ; les jeux fournis par les maisons spécialisées utilisant les progrès de la technique moderne, ou demandant un matériel compliqué et coûteux. Ces deniers qu’on loue pour la circonstance ont généralement la faveur du public par leur présentation artistique et soignée, leur règlement très simple. Ils procurent en outre aux organisateurs un gain appréciable. 

JEUX FACILEMENT REALISABLES 

Nous conseillons aux organisateurs d’organiser peu de jeux avec addition de points, parce qu’ils sont trop longs et font peu de recettes ; ne pas oublier que la fête ne dure que quelques heures et que les spectateurs ne doivent pas attendre trop longtemps le résultat. 

1° Jeux d’adresse : 

Les boîtes :

      On connaît ce jeu qui fit fureur ces dernières années, le joueur avec 5 balles de chiffon (8 à 10 cm. De diamètre) doit renverser l’échafaudage pyramidal de 10 boîtes de conserve disposées sur une planche à deux mètres des joueurs. 

Têtes grotesques :

      Des têtes dessinées, collées ou découpées sur des panneaux de bois, mobiles autour de charnières, sont impitoyablement visées et renversées par les joueurs. Ces personnages seront choisis parmi les figures politiques ou comiques. Se munir de plus de balles qu’il n’en faut à chaque joueur, car le tenancier ne peut pas les ramasser au fur et à mesure. 

Apparitions :

      Ce peut être des chapeaux de toutes formes ou de toutes dimensions, ou bien des personnages du théâtre guignol, le juge, le diable, etc…) qui apparaissent et disparaissent sur une scène de fortune et qu’il s’agit de cribler de balles (chiffons). 

Massacre vivant :

      Il s’agit avec trois balles de chiffon de renverser le haut de forme placé sur la tête d’un individu, à trois mètres du viseur. On peut d’ailleurs le protéger par du grillage fixé jusqu’à la hauteur du chapeau ou le faire évoluer dans une sorte de coulisse d’où émerge seul le chapeau. 

Vitres brisées :

      Ebauche de façade de maison découpée dans du bois et pourvue de trois petites fenêtres carrées de 8 cm. où peuvent se glisser de petits carreaux qu’il s’agit de casser. Trois lancers : 10 Fr. ou 20 Fr. la partie. Les trois vitres cassées gagnent un lot. Utiliser pour ce jeu des boules de bois.

ATTENTION 

Pour les jeux de massacre, lancers et jeux d’adresse, il sera important d’expérimenter préalablement un certain nombre de lancers afin d’établir une moyenne des réussites, pour fixer la valeur des lots à distribuer aux gagnants. Pour le succès de tous ces jeux on doit prévoir une distribution de lots, de 40 à 50% de la recette. 

2° jeux d’Anneaux : 

Il s’agit en principe de lancer des anneaux dans la direction d’un corps effilé pour le gagner. 

Canard à coiffer : 

On pratique un bassin artificiel avec une toile de tente ou une bâche imperméable dont on a relevé les côtés et on le remplit d’eau. On limite par des cordes. Un canard évolue sur ce bassin improvisé. Il s’agit d’encercler le cou du volatile avec un anneau léger de 16 cm. De diamètre, lancé du barrage de corde établi à trois mètres environ dudit bassin. Il convient d’expérimenter préalablement un certain nombre de lancers, afin d’établir une moyenne de réussite, et de fixer en fonction de cette moyenne et de la valeur du canard le prix de l’anneau (entre 20 et 50 Fr.). à défaut de bassin, on peut se contenter d’un cuveau plein d’eau, mais la surface d’évolution du canard étant très réduite, les chances de gain s’en trouvent accrues. 

Jeu de bouteilles : 

On lance des anneaux de bois (5 anneaux pour 20 Fr.). le diamètre intérieur d’un anneau est de 6 cm. La bouteille coiffée est gagnée. 

Jeu de couteaux : 

Planter une cinquantaine de couteaux  de forme et de qualité diverses, sur une planche inclinée (80 sur 120), tout couteau coiffé est gagné par le joueur. Les 5 anneaux seront vendus 20 Fr. Nous attirons l’attention sur la nécessité de régler la distance du tir, comme nous l’avons indiqué plus haut, pour établir une moyenne de prix. 

Jeu de hop-là : 

Il s’agit d’encercler avec des anneaux en bois léger plats de 16 cm. De diamètre des objets présentés sur des socles cubiques, mesurant 16 cm. de côté maximum. Tout socle encerclé donne droit au lot exposé. Etant donné la difficulté de ce jeu, les lots exposés peuvent être d’une valeur d’une centaine de francs, au prix de gros. 

Accroche-nez : 

Peindre des figures grotesques (clowns, guignols, etc…) sur une planche verticale. Le nez sera remplacé par un crochet. Il s’agit pour le joueur d’accrocher un anneau sur le nez, pour gagner un lot.

3° Jeux divers : 

Le passage à tabac : 

Le joueur doit, avec deux queues de billard, transporter un paquet de tabac d’une table à une autre table, distante de 2 mètres. Le gagnant garde le tabac. 

Jeu des pointes : 

Il s’agit d’enfoncer en trois coups de marteau une pointe de 7 cm. dans du bois dur. Chaque coup de marteau compte même s’il redresse la pointe. Chaque clou enfoncé donne droit à un lot, après fixation d’une moyenne éprouvée. 

Course au trésor : 

On connaît le principe de la chasse au trésor : Rassembler le plus rapidement possible des objets hétéroclites dont on donne l’énumération. Elle est destinée à donner de la vie, de la fantaisie, de l’animation à la fête, au moment où se ralentit l’enthousiasme et où s’amenuise la curiosité de la foule. Le micro est alors un précieux auxiliaire pour créer l’ambiance humoristique qui plaît au public en quête d’inédit.

Voici un exemple de cinq choses variées pouvant servir d’enjeu.

On annoncera : Se présenter à la permanence porteur des cinq objets suivants :

–          1° Un billet de tombola terminé par 4.

–          2° Un confetti bleu.

–          3° Un soutien-gorge.

–          4° Une échelle double.

–          5° Un pot de fleurs jaunes. 

En outre, le porteur de ces cinq objets devra tenir sa chaussure droite dans sa main gauche, avoir son pantalon à l’envers et donner la main à une petite fille blonde qui aura 5 ans dans l’année.

Un prix de 500 francs en espèces sera remis au gagnant. On devine avec quelle curiosité amusée la foule attendra le gagnant de cette originale compétition. On pourra d’ailleurs varier, simplifier ou compliquer à loisir la liste des objets à rapporter.

Une autre attraction humoristique consistera à amener au micro (prix au gagnant) une personne remplissant certaines conditions, par exemple :

–          Le doyen d’âge ou le benjamin actuellement sur le terrain de fête, que l’on fera parler et si possible chanter au micro.

–          Ou bien le monsieur qui a son permis de chasse sur lui et que l’on questionnera sur ses exploits cynégétiques.

–          Ou bien le monsieur dont le prénom est Oscar ou la dame qui s’appelle Adeline…

A toutes ces personnes un prix de circonstance sera donné.

Ou bien pour tenir en haleine la curiosité du public, on peut instituer un concours entre tous les spectateurs présents au micro de la façon suivante :

« mesdames et messieurs, ne partez pas. Un concours très simple est organisé entre vous tous. Le voici. A partir de … heures, nous aurons dans la foule, se promenant parmi vous, un invité de marque, Français Moyen, qu’il s’agit de découvrir. Un prix de 200 francs en espèces sera donné à celui qui, le premier, l’amènera devant le micro. Voici les indications vestimentaires qui vous permettront de le repérer. Il y a dans son costume trois anomalies : son veston a un bouton sans boutonnière et une boutonnière sans bouton, il n’a pas de cravate et il a dans les pieds deux chaussures différentes.

Vous voyez, c’est très simple…

Ces indications données, on se représente le public, sans distinction d’âge et de sexe, à l’affût du personnage ainsi caricaturé. On regarde et on se regarde, on inspecte et on se suspecte, on questionne et on se trompe ; et toute la foule amusée participe bon gré mal gré à la compétition. La confusion sera complète quand on s’aperçoit que Monsieur Français Moyen est tout simplement un enfant par exemple.

On voit ainsi toute la gamme de variétés, de fantaisies que l’on peut apporter à une fête, pour en renouveler l’entrain et maintenir d’une manière plaisante le public en haleine. On se rend compte ainsi de tout le parti que l’on peut tirer du micro et d’un annonceur talentueux, plein d’humour et de verve et d’à-propos : 

Jeu des poêles : 

Cinq poêles à frire de mêmes dimensions présentant leur fond aux spectateurs, à trois mètres de distance, sont successivement visées à l’aide de cinq balles. A partir de trois poêles touchées on gagne un lot. 

Jeu des pots de fleurs : 

Cinq pots de même dimension, vers lesquels on lance cinq balles de ping-pong, sont disposés côté à côte. Pour que la balle reste, il faut atteindre l’intérieur sous un certain angle. A partir de trois balles placées, on gagne un lot. 

Jeu des palets de bois : 

Un plateau en contreplaqué (1 m.50 x 0 m.60) comporte 8 cases peintes, disposées 2 par 2 en profondeur, sur lesquelles on lance 5 palets de bois pour 10 francs. Chaque palet dans une case gagne un point, à cheval sur 2 cases : 2 points, sur 3 : 3 point, sur 4 : 4 points. Le maximum qu’on peut obtenir est donc de 20 points. A 15, on gagne un lot. Faire de nombreux essais pour obtenir une moyenne. 

Billard aux bouchons : 

C’est un long rectangle de bois avec rebord que l’on pose très légèrement incliné. Douze gros bouchons de champagne sont posés en quinconce, au fond du  billard. Les trois plus éloignés sont peints en bleu, les autres en rouge. On lance trois boulets de jeu de croquet (10 ou 20 francs) pour renverser les trois bouchons bleus. Chaque bouchon bleu compte pour cinq points, mais chaque bouchon rouge renversé enlève deux points. On totalise les trois lancers. Il faut quinze points pour gagner un lot. 

Roue d’argent : 

Prendre trois roues de bicyclette ou d’automobile. Les peindre de la couleur aluminium pour les rendre plus visibles. Les joueurs sont placés à 10 mètres environ des cibles et doivent loger les trois boules de bois dans le même pneu. Vendre les trois boules 20 francs. Il est toujours prudent de faire essayer le jeu aux organisateurs avant la fête pour juger de l’emplacement à donner aux pneus et rendre le jeu plus difficile. 

Passe-boules : 

Jeu très facile à fabriquer et qui pourra rester la propriété du patronage. La valeur des lots à distribuer et le nombre de balles à remettre à chaque joueur seront évalués à l’avance. Les balles seront vendues 10 ou 20 francs pièce. 

Remplissage des bouteilles : 

Cinq concurrents devront remplir d’eau dans un minimum de temps, avec une louche, cinq bouteilles mises à leur disposition. Aménager un baquet d’eau à proximité. Jeu amusant et peu coûteux, toujours apprécié par le public. 

Jeu de baquet : 

Prendre un baquet plein d’eau et faire flotter à sa surface une assiette. Les joueurs placés à 2 m. 50 du baquet doivent arriver à jeter et à immobiliser une pièce de 5 francs dans l’assiette. Toute pièce tombée dans le baquet est acquise au comité organisateur. Si la pièce reste dans l’assiette le gagnant emporte un lot. 

Jeu des lanternes : 

Se procurer cinq à six lanternes carrées qui servent aux travaux dans les fermes, enlever un des carreaux et présenter la flamme aux joueurs. A 5 mètres, les joueurs doivent éteindre avec des pompes à bicyclette remplies d’eau la flamme de la lanterne. Le gagnant a droit à un lot. 

La vérité sortant du puits : 

Matériel : un puits factice, margelle (maçonnerie dessinée sur carton ou contreplaqué) s’élevant à un mètre du sol, tour, manivelle, corde enroulée libre à ses deux extrémités : à l’une d’elles est suspendue la « vérité » (poupée nue), dans le puits à l’autre, un petit seau usagé ; Cinq palets de 4 à 6 centimètres de diamètre vendus 20 francs et lancés d’une distance de 10 mètres.

Il s’agit de lancer les cinq palets dans le seau. On a eu soin de réaliser l’équilibre nécessaire pour que le poids des cinq palets fasse exactement sortir la « vérité » toute nue du puits. 

Le cercle invisible : 

Sur une surface plate (bois, table ou carton) un cercle coloré de 20 centimètres de diamètre est dessiné. Trois palets de zinc de même surface lancés d’une distance de 2 mètres doivent recouvrir intégralement le cercle pour gagner un lot. 

Le disque au bol : 

Il s’agit de vendre dix disques en carton de 20 cm de diamètre, numérotés de 0 à 9, au prix de 10 francs l’un. Ces dix concurrents lancent ensemble, à un signal donné, les disques dans la direction d’un bol, placé à 12 mètres des joueurs. Le disque le plus près du bol gagne un lot de 50 francs ou un paquet de cigarettes. 

Quilles basques : 

Matériel : 6 quilles de 40 cm. De haut, de 6 cm. de base. Trois birlous (morceaux de bois de la grosseur d’un manche de pioche de 10 à 12 cm. de long, et arrondis à chaque bout). Les six quilles sont placées sur deux rangs de trois, dans un rectangle de 35 cm. sur 15, à mètres du joueur, de sorte que ce dernier n’aperçoit que les trois quilles de l’avant et seulement le bout de la pointe de celle du deuxième rang. Le jeu consiste, règle fort simple, à abattre avec les birlous ou avec deux ou avec un seul, cinq quilles sur six en laissant debout une seule. S’il y réussit il gagne un lot. 

Les ouistitis : 

Fixer à un portique de 2 mètres de haut six cordons, auxquels seront fixés six singes en matière plastique.

Chaque joueur tirera sur un cordon qui fera monter le singe au sommet. Le premier arrivé gagnera un lot. Prix de la partie : 20 francs. Distribuer un lot de 50 à 60 francs prix de gros. 

Pêche à la bouteille : 

Dix bouteilles sont placées côte à côte et en ligne, à 25 cm. les unes des autres, sur une planche posée sur le sol. Chacun des dix concurrents après avoir payé une participation de 20 francs se place devant une bouteille avec une ligne dont le fil se termine par un anneau de bois. Le premier des concurrents qui Passe son anneau dans le col d’une bouteille la gagne. Selon le prix d’achat des bouteilles, on règlera le nombre de joueurs pour réaliser un bénéfice double du prix d’achat. 

4° Jeux de Rencontres : 

Deux cœurs et attractions similaires fondées sur les mêmes principes :

Deux cœurs, l’un rouge pour le garçon, l’autre bleu pour la fille, sont dessinés sur un fond de couleur ou découpés et numérotés de 1 à … en deux séries semblables ; c’est-à-dire que le numéro de chaque cœur rouge possède un correspondant sur un cœur bleu.  Ces cœurs étant vendus dans un stand sériés en deux corbeilles, il s’agit de retrouver dans la foule le numéro identique à celui du cœur que vous avez acheté. Un lot ou deux lots sont la récompense des personnes qui se retrouvent. On peut remplacer les cœurs par d’autres figures symboliques se présentant par couples. Exemples :

–          Rose et bourdon.

–          Bougie et bougeoir.

–          Fleur et papillon.

–          Nénette et Rintintin.

–          Ancre et bateau.

–          Auto et vélo.

–          Fétiches et insignes divers à la mode du jour, etc….

On peut utiliser des prénoms masculins et féminins (Simon, Simone, Georges, Georgette) qui se recherchent suivant le même principe.

5° Jeux gagnent tout coup : 

Jeu des ficelles : 

Dans un stand sont exposés, sur des gradins, des lots de différentes valeurs. Chacun de ces lots est attaché à une ficelle de 2 à 3 mètres de long. Toutes ces ficelles passent groupées dans un anneau unique fixé en haut du stand, d’où elles retombent en un écheveau mis à la portée de la main du joueur. Chaque joueur tire sur une ficelle et l’objet soulevé lui est acquis. Pour inciter les joueurs on mettra en évidence les plus beaux lots. Pour 300 parties prévues à 20 francs, soit 6.000 francs de recettes on achètera au prix de gros les lots spéciaux de la façon suivante : 

                  1          article  à         150 Fr.                        150 Fr.

                  5          articles à           80 Fr.                        400 Fr.

                  14        articles à           20 Fr.                        280 Fr.

                  50        articles à           15 Fr.                        750 Fr.

                  50        articles à           10 Fr.                        500 Fr.

                180        articles à             5 Fr.                        900 Fr.

                                                                        _________

 

                                                                          2.980 Fr. 

Jeu des ciseaux : 

Tendre verticalement une centaine de ficelles au bas desquelles seront attachés des lots ou des pochettes surprises. Chaque joueur auquel on remet une paire de ciseaux coupe au passage une ficelle et gagne le lot attaché. Même assortiment de lots que pour le jeu de ficelles ci-dessus. 

Pêche à la ligne : 

Des lots de faible valeur et de petit volume sont enveloppés dans du papier et ficelés de façon à laisser subsister un anneau, qu’il s’agit de pêcher avec une ligne, dont le fil se termine par une épingle recourbée. Ce jeu peut-être permanent, moyennant une participation de 10 ou 20 francs par lot pêché. 

Pêche au cygne : 

On place douze cygnes semblables en celluloïd dans un baquet, numérotés comme suit : 

                  6          numéros          1

                  3          numéros          2

                  3          numéros          3 

Ces cygnes numérotés correspondent aux trois étagères sur lesquelles seront exposés les lots dont la valeur sera ainsi répartie : 

Etagère des cygnes n°1 pour 200 lots achetés à 5 Fr.

Etagère des cygnes n°2 pour 100 lots achetés à 10 Fr.

Etagère des cygnes n°3 pour 100 lots achetés à 20 Fr. 

Soit pour 400 lots une recette de 8.000 francs. Si chaque partie coûte 20 francs. 

Pochettes surprises : 

Des pochettes spéciales de carton décoré contenant une surprise et des bonbons peuvent être présentées pêle-mêle sur une table, par terre, ou dans un parapluie, vendues 20 francs si elles ont coûté 10. 

Paquebot « Normandie » : 

On peut réaliser sur une feuille de contreplaqué (2 m. x 1 m.) avec de la peinture le « Normandie » dont chaque hublot sera représenté par un bouchon muni d’un anneau. Le joueur, armé d’une ligne munie d’un crochet à son extrémité, doit arracher un hublot.

Chaque bouchon porte un numéro correspondant à un lot. Ces lots seront identiques comme valeur et assortiment à ceux prévus à la pêche au cygne. 

Eléphanteau, Vache, Crocodile (ou tout autre animal distributeur de surprises) : 

Ces animaux peuvent être réalisés sur place avec un peu d’ingéniosité. Il est préférable de les fabriquer en grandeur naturelle pour attirer l’attention du public. Si on ne peut réaliser le distributeur automatique, il suffira de placer une personne dissimulée derrière l’animal, qui distribuera les lots sur un signal convenu du tenancier. 

La flèche d’or : 

Dessiner sur une table carrée ou ronde un cercle d’un mètre de diamètre gradué de 60 divisions. Chaque division sera marquée par une pointe de 8 cm. de haut. Monter au centre du cercle un pivot tournant supportant une flèche dorée dessinée en chapeau de gendarme et terminée à une extrémité par une baleine. Chaque joueur lancera la flèche qui indiquera l’objet gagné placé à l’avance entre les pointes. Veiller à ce que tous les espaces entre les pointes soient toujours bien garnis de lots d’importance différente. La réserve de petits et gros lots sera disposée au centre du cercle. Ce jeu s’il est bien achalandé connaît beaucoup de succès auprès des enfants. 

TIRS 

Tir réel ou Tir Forain : 

Constituer une enceinte fermée soit par des tôles planes, soit par des planches épaisses, le fond dirigé si c’est possible contre un mur. Les dimensions du stand seront les suivantes : 6 m. de large, 2 m. de hauteur, 4 à 5 m. de profondeur. Construire des supports métalliques pour carton de cible de 10/10. baguettes de bois horizontales garnies de pointes debout qui pourront recevoir des pipes et des tuyaux de pipes en terre cuite, à casser. Les tuyaux de pipes seront garnis de fleurs en papier et pour chaque tuyau cassé, le tireur recevra une fleur pour sa boutonnière. A ces tuyaux on pourra pendre des fétiches coûtant par exemple 50 Fr. le prix de la balle sera dans ce cas de 100 francs. Un tir décoré à la manière foraine connaît toujours l’affluence et les bénéfices sont appréciables. Employer pour ce tir des carabines de 6 m/m et de préférence demander la balle conique F. 

Toutes dispositions de sécurité, barrage, isolement du fond, mise en sûreté du matériel délicat ou dangereux, devront être prises afin d’éviter les accidents possibles. 

Tir à l’arc : 

Une cible de bois tendre ou de joncs tressés avec cercles concentrique. 

Tir aux pigeons : 

Carabines à flèches. Règle du jeu : on vend trois flèches pour 20 Fr., les trois pigeons abattus gagnent un lot d’une valeur moyenne de 30 Fr. (étui à cigarettes, sachet bonbons, parfum, etc…). Ce jeu n’est pas cher et peut être acheté pour le patronage, il servira à chaque fête. 

Tir D.C.A. : 

Carabine à flèches. Même règle que pour le tir aux pigeons, mais ici, les pigeons sont remplacés par des avions abattus donnent droit à un lot. Ce jeu nouveau et d’un prix modique peut être acheté par le patronage. 

Tir Guillaume Tell : 

Carabine à flèches. Sujet découpé portant une pomme sur la tête. Une cible circulaire se trouve placée à la base du visage du personnage. Pour gagner, toucher la cible au centre et la pomme tombera. 

Tir de la poule aux œufs d’or : 

Avec la carabine à flèches « Euréka ». Cible : une poule. Le bouton touché fait tomber un œuf dans le panier. Les trois flèches valent 10 Fr. Trois œufs tombés gagnent un lot. 

Tir chasse : 

Carabine à flèches comme dans les deux tirs ci-dessus. Les cibles sont des animaux de carton. Les patronages et comités de fêtes peuvent acheter ce petit matériel bon marché. 

Tir aux bougies : 

 Carabine à flèches. On peut disposer des bougies allumées derrière une planche ou une tôle percée de trous, laissant voir les flammes. Toute flamme éteinte donne droit à un lot. 

Tir à bouchons : 

Avec carabine à air comprimé. Aménager ce stand à la manière foraine pour s’assurer d’un gros succès. Disposer quatre à cinq gradins étroits, garnis de petite objets posés sur des socles de bois et pouvant être renversés par le bouchon (flacon brillantine, parfum, fume cigarettes, poudre de riz, broche sur carte, timbale, coquetier, rond e serviette, brosse à dents, dentifrice, sachet bonbons, etc., tous articles de 5 à 20 Fr. maximum). Une toile ou drap tendu derrière les gradins, mais qui flottera, formera poche dans le bas pour recevoir les lots renversés à remettre aux tireurs.

Pour attirer les tireurs, mettre les lots très près les uns des autres pour leur donner l’impression de facilité. Le tenancier ne risque pas de perdre, chaque bouchon représentant plus que le prix moyen d’achat de chaque lot. 

Tir au canard : 

Carabine 6 m/m et balles coniques F. La Société Protectrice des Animaux interdisant le tir  sur canards vivants, on peut mettre à la place de ces derniers des canards en celluloïd qui, une fois percés, disparaissent dans l’eau. Dans ce cas le tireur emporte un canard vivant comme lot. Régler le prix de la balle selon le cours des canards, et la chance de gain à expérimenter au préalable. 

Tir aux ballonnets : 

A une ficelle tendue mollement au travers d’un stand, à 2 mètres du sol, attacher cinq à six ballonnets d’enfants aux couleurs multicolores à cette ficelle. Les laisser flotter. Le tenancier du stand placé près des joueurs imprimera des secousses avec une corde à portée de sa main, à cette ficelle, faisant danser les ballonnets et rendant plus difficile la possibilité de les atteindre. Avec des fléchettes plombées les tireurs s’efforceront de crever un de ces ballonnets. Le gagnant recevra cinq nouvelles fléchettes gratuitement, ou un lot de faible valeur. 

Tir aux fléchettes avec pommes de terre : 

Construire un portique et sur le chevron horizontal fixer par des ficelles huit pommes de terre qui formeront cible chacune dans un filet à ballon. Suspendre à ceux-ci huit bouteilles de vin ou de mousseux qui seront l’enjeu du tir. Les tireurs achèteront cinq flèches pour 20 Fr. et gagneront la bouteille s’ils mettent trois flèches dans la cible. 

Tir aux nougats : 

Placer verticalement entre trois pointes sur un tableau de bois de 2 m. x 3m. 100 ou 200 bâtons de nougat. Chaque nougat piqué avec des fléchettes plombées dites du « Nord », vendues 5 pour 20 Fr., sera remis au joueur. Prévoir la moyenne des gains pour établir la distance et l’emplacement du tableau. 

CONCOURS 

Nous entendons par concours une attraction mettant en valeur l’adresse, parfois la force plus que la chance des concurrents, et comportant un classement final avec décompte de points et attribution de prix. Les concours exigent peu de matériel, mais un terrain plat, assez spacieux et dans certains cas désherbé ; ils peuvent être conçus et montés dans un minimum de temps et avec un minimum de frais. Les divers concours dont nous donnons ci-après détails et règlements, seront adaptés aux possibilités techniques du Comité organisateur, aux habitudes et au goût du public local. 

Boules : 

Nous ne mentionnons que pour mémoire les concours locaux, régionaux de boules, qui constituent eux-mêmes et eux seuls le programme entier d’une fête. Ils se déroulent suivant un règlement invariable et précis, et ils sortent ainsi du cadre d’une fête de plein air dont le succès justement conditionné par la variété des attractions et leur diversité, et le fait qu’elles ont l’audience d’un très vaste public.

Ces concours quelquefois individuels, mais plus souvent organisés par équipes ou quadrettes, se font après versement d’un droit d’inscription, par éliminatoire ou par addition de points. Le classement comporte des prix en espèces et souvent l’attribution temporaire d’une coupe ou challenge. Mais la diffusion considérable du jeu de boules (boules en bois ou boules ferrées lyonnaises) fait presque une obligation pour les organisateurs d’installer un concours de pointage de boules, qui requiert adresse et dextérité de la part des concurrents. 

–          Pointage : Voici quelques variétés de pointages. Principes de participation : distance, 15 mètres, 4 boules 20 Fr. Prix en espèces ou en nature. Classement par les trois meilleurs séries, en cas d’ex æquo interviennent les séries suivantes dites séries d’appui. 

–          Cible à cercles : Le pointage se fait sur une cible formée de 5 cercles concentriques. Le plus petit de 20 cm. de diamètre, les autre à 20 cm. du précédent et numérotés de 5 à 1 en partant du centre. Si l’on ne possède pas de cible, on peut figurer un but fixe, tige de fer fixée dans le sol ou mobile et mesurer la distance de chaque boule au but. Ces points sont ainsi fixés et comptés : 

De       0          à          10 cm.                         5 points

De       10        à          30 cm.                         4 points

De       30        à          50 cm.                         4 points

De       50        à          70 cm.                         2 points

De       70        à          90 cm.                         1 point 

–          Cible à trous : Une planche carrée en bois de 1 m. 25 de côté, placée au niveau du sol, est percée de 9 trous numérotés en quinconce de 15 cm. de diamètre. A défaut de planches, on peut creuser les trous à même le sol. 

–          Couloirs : Les boules lancées assez fort se logent dans des couloirs parallèles formés de madriers de 1 mètre de long et 20 cm. de large, avec buttoir à l’extrémité. Il y a cinq couloirs numérotés de gauche à droite : 3 – 1 – 5 – 1 – 3. 

–          Noyon : Un ruban coloré fixé à ras du sol à 15 mètres du joueur sert de but. Au-delà du ruban est le noyon, sorte de petit fossé dans lequel toute boule qui dépasse le ruban, tombe morte. Les distances au ruban signalées plus haut servent de barème pour l’évaluation des points. 

–          Tir : Une boule but est placée à 15 mètres du tireur au centre d’un cercle de 60 cm. e diamètre.

Une raie transversale est tracée à 25 cm. en avant du cercle. Chaque boule sera cotée comme cuit :

1. La Boule lancée fait carreau dans le cercle, c’est à dire prend la place de la boule tirée                                                                                                          5

2. La Boule but touchée sort du cercle                                                         3

3. La boule but touchée ne sort pas du cercle                                               1

4. Toute boule qui, tombant en deçà de la raie, touche la boule but                        0 

Une boule est dans le cercle, si prise à son axe, elle repose effectivement à l’intérieur de la raie formant cercle. Sinon, elle considérée en dehors du cercle. 4 Boules 20 Fr. Les trois meilleures séries assurent le classement. 

 Palets :

En fonte de 6 à 10 cm. de diamètre. 

–          Pointage : Mêmes principes généraux que pour le pointage boules. Distance de 12 à 15 mètres. 4 palets 20 Fr. Trois meilleurs séries et séries d’appui pour le classement.

–          But fixe : Le but est constitué par une tige de fer colorée enfoncée dans le sol. Les distances suivantes du but déterminent les points : 

De       0          à          5 cm.                           5 points

De       5          à          10 cm.                         4 points

De       10        à          15 cm.                         3 points

De       15        à          20 cm.                         2 points

De       20        à          25 cm.                         1 point 

Chaque palet joué est immédiatement enlevé. 

–          A vue de nez : il y a là la contrepartie de ce jeu : une base de départ et de mesure est indiquée par une ficelle tendue perpendiculairement à cette base, est tracée une allée sablée de 1 mètre de large et de 15 mètres de long. Il s’agit de lancer un palet au jugé, à une distance donnée mais non marquée, 10 mètres par exemples. On dit au joueur : « vous allez lancer votre palet à une distance que vous jugez voisine de 10 mètres ». L’écart détermine les points. Barème précédent est utilisé. Les palets sont lancés, laissés sur le terrain, puis leur distance du point de départ mesurée. Un coup de râteau efface toute trace sur le sol après chaque série de lancers. 

–          Cible : Un cercle en fer épais de 30 cm. de diamètre et muni de trois pitons pour le consolider est fixé sur le sol. Chaque palet qui reste à l’intérieur du cercle compte pour un point.

–          Quilles : Quatre petites quilles de 25 cm. de hauteur sont placées en quinconce ou en ligne ou en profondeur à 12 mètres du joueur. Chaque quille tombée donne 1 point.

–          Palets massacre : Il existe une autre combinaison palets et quilles. Matériel : 5 petites quilles de 15 cm. placées en quinconce à 12 mètres du joueur, 5 palets de 8 cm. vendus 20 Fr. Il s’agit de faire tomber les 5 quilles pour gagner un lot important (faire des essais répétés sur plusieurs séries pour établir un barème d’achat des lots : 50% de la somme hypothétiquement dépensée). Chaque quille tombée compte pour les séries suivantes, c’est-à-dire que le joueur qui fait tomber par exemple 3 quilles sur 5 palets joués dans la première série pourra ne jouer que deux palets (20 Fr.) dans sa deuxième série. Si une quille tombe sur les deux qui restent, un seul palet 20 Fr.) sera joué dans la troisième série et ainsi de suite, jusqu’à ce que la cinquième quille tombe à son tour. Il arrive que le joueur qui a partiellement réussi s’acharne, s’énerve et réussit difficilement à faire tomber la seule quille qui s’obstine à demeurer verticale. Un lot récompensera sa persévérance si sa dépense est d’un ordre élevé. On peut d’ailleurs encourager ledit joueur en lui attribuant un petit lot à partir de 3 quilles tombées. Nous avons vu remplacer les quilles par des assiettes ou des soucoupes ébréchées, ou par des verres cassés de 10 cm. de côté inclinés à 45°. On peut opérer soit sous forme de concours chaque objet brisé comptant pour un point (on joue un nombre indéterminé de fois). Un palet 5 Fr. et le classement s’établit par le plus grand nombre d’assiettes ou de verres cassés. Soit sous forme de lots de valeur variable, selon le nombre d’objets brisés. Ce genre de concours est toujours apprécié. 

Jeu du tonneau : 

Nous mentionnons pour mémoire le classique jeu du tonneau ou de la grenouille, facilement transportable, qui possède encore des adeptes et où les parties se jouent par addition de points dans les casiers correspondants. 

Quilles : 

Les 9 quilles. Matériel : 9 quilles de 50 cm. de haut ayant la forme d’un gros cigare, c’est-à-dire renflé au milieu, afin d’y élever le centre de gravité, et de 7 cm. de diamètre de base. Il s’agit ou bien d’abattre les neuf quilles avec le moins de boules possible (le premier étant celui qui en aura utilisé le moins) ou bien de disposer de quatre boules et en trois lancers successifs, de compter les quilles abattues, le premier étant celui qui en aura le plus. Chaque quille abattue compte pour un point. 

Concours surprises : 

Un objet de valeur, mais de petit volume, est enveloppé dans un paquet et ficelé. Ce paquet est lui-même entouré d’un autre papier et à nouveau ficelé. Ce colis ainsi obtenu est encore grossi par un nouvel habillage, puis cousu dans un autre, et ainsi de suite…On peut se servir pour grossir démesurément l’empaquetage initial de papier, carton, toile, sacs, ficelle, fil de fer, ruban de machine à écrire qui salit les doigts, etc…, en multipliant les nœuds, double ficelle et autres difficultés que l’on devra défaire à la main, uniquement et sans concours extérieur. On obtient un paquet oblong de 1 m. 50 sur 0 m. 50 environ. Ce gros colis mis en présence des spectateurs, on donne aux concurrents (participation 20 Fr.) qui veulent l’ouvrir pour s’en approprier le contenu, un délai d’une minute. Ce temps écoulé, le concurrent qui profite du travail de ses prédécesseurs, cède la place au concurrent suivant et ainsi de suite. Le gagnant est celui qui, ayant retiré  l’objet du dernier emballage, le montre à la foule. Il est interdit aux concurrents de se servir de couteaux, pinces ou autres instruments.

Un colis bien arrimé doit demander une heure de travail pour livrer la surprise qu’il contient. Au préalable, on aura suspendu ledit volumineux colis à une ficelle tendue afin d’intriguer le public. A un signal donné on le descendra avec des efforts simulés et alors on commencera le petit manège décrit plus haut. 

Concours de ballonnets : 

Voir lancer de ballonnets avec concours. 

Concours de tir : 

Chaque concurrent achète un carton de 15/15 (y inscrire son nom, son numéro) et cinq balles pour le prix de 50 Fr. Le carton est placé à 10 mètres du tireur dans un stand dont on a déjà donné la description. Le tireur se tient debout, sans appui. Le prix du concours est décerné au tireur ayant fait le plus grand nombre de points additionnés. Le joueur pourra faire plusieurs cartons dont il choisit les meilleurs. L’émulation se fera parce que chaque concurrent voudra obtenir le plus grand nombre d’excellents cartons. 

Concours de fléchettes : 

La cible est placée sur un panneau blanc vertical de 1 m2. on vend les trois fléchettes 10 Fr. le stand est limité par une corde placée à 3 mètres derrière laquelle se tiendra le joueur. Le jeu consiste à placer la fléchette dans le centre de la cible. Ce concours dure toute la durée de la fête, se clôt généralement à 6 heures le soir pour la distribution des prix. Le gagnant est celui qui qui atteint le maximum de points, quel que soit le nombre des séries. 

Combien pèse-t-il ? 

Prendre un panier de ménagère bourré de choses hétéroclites et contre une participation de 20 Fr. demander aux curieux quel est son poids. Le gagnant est celui qui aura donné le chiffre le plus proche possible du poids exact et il emportera le  panier. Pour départager les concurrents, demander en même temps combien il y aura de joueurs. 

Ball trap : 

Avec pigeons ou assiettes d’argile. Nous préconisons personnellement pour ce concours qui demande une grande surface de prairie, de l’installer à proximité d’une buvette. On invite tous les chasseurs de la localité munis de leurs armes personnelles. Les organisateurs doivent seulement fournir leurs munitions. On attend beaucoup de cette ambiance de chasse pour alimenter la buvette. 

Concours sportifs : 

      Basket-Ball : Un poteau de basket étant dressé, il s’agit, en se plaçant à la distance réglementaire du coup franc, de faire le plus de paniers possibles avec cinq lancers de ballons (20 Fr.) ; Un classement est fait sur la meilleure série et des prix attribués aux mieux classés. Ce jeu peut être adapté à la dimension d’un comptoir (3 à 4 mètres de profondeur). On se servira alors de balles de ping-pong lancées à l’aide d’une raquette vers un panier de basket en réduction, fixé sur plan vertical à 2 mètres du joueur. 

      Football : Concours d’arrêt sur penalty. Concours spectaculaire réalisable seulement si le terrain de la fête est suffisamment spacieux. Le premier prix est attribué au concurrent qui a réalisé le meilleur pourcentage d’arrêts. 

LES ATTRACTIONS 

Palais du rire : 

      Glaces déformantes : Dans un stand bien fermé déposer à terre, avec des inclinaisons différentes, ou suspendre aux parois, les glaces déformantes. Le public admis contre un droit d’entrée se verra dans des attitudes comiques et grotesques. Un guide spirituel créera l’ambiance nécessaire pour rendre cette attraction comique. Les glaces se louent et font toujours de belles recettes. 

Poste restante ou télégrammes : 

      On connaît cette attraction qui consiste moyennant le versement d’un droit de participation de 10 ou 20 Fr. à écrire à une personne présente à la fête (papier et enveloppe sont fournis par le stand) et à déposer sa lettre dans une boîte dont la levée a lieu à intervalles réguliers (toutes les demi-heures ou toutes les heures). Les destinataires sont prévenus par le micro et retirent leur lettre, en échange d’un droit minime, avec la curiosité que l’on devine, au stand intéressé. Il s’agit évidemment de plaisanteries de bon goût discrètes et amusantes. 

Thermomètre vital et humoristique : 

Attraction nouvelle à gros succès. Installer ces thermomètres à hauteur de la main verticalement. Le jeu consiste à presser la poire située à la base du thermomètre, ce qui fait monter l’alcool dans un tube gradué de titres humoristiques et amusants. 

L’Horoscope astral : 

Voici une attraction qui, sans être nouvelle, est peu coûteuse et connaît un excellent succès. Un responsable déguisé en fakir, aidé d’une jeune fille, remet aux spectateurs qui en font l’achat leur horoscope astral, suivant un rite quasi oriental. Le succès de cette attraction sera d’autant plus important que les vendeurs seront excellents. A défaut de bons présentateurs, un moyen plus simple consiste à disposer sur un tableau vertical les horoscopes retenus par des élastiques. Diviser le tableau en 36 décades (…..personnes nées du 10 au 20 janvier ; ……du 20 janvier au 31, etc…Approvisionner suivant les besoins le tableau. Le public choisira lui-même son horoscope, grâce à sa date de naissance qui lui indiquera la décade. (Gros bénéfice). 

Lancer de ballonnets avec concours :

 Se procurer des cartes concours prévues spécialement pour cet usage et commencer la vente huit à quinze jours avant la kermesse, pour continuer le jour de la fête. Ces cartes extrêmement légères seront fixées solidement au fil des ballonnets. Elles porteront le nom et l’adresse du comité organisateur à qui elles seront retournées par les personnes inconnues qui les trouveront. Il est indispensable et recommandé de surveiller le départ des ballonnets pour éviter toute fraude. Il est utile de timbrer les cartes, ceci pour inciter les personnes les ayant trouvées à les retourner. Cependant l’expérience nous a appris qu’environ 10 % seulement des cartes sont réexpédiées. Nous conseillons de les affranchir à 1 Fr. seulement au lieu du tarif en vigueur, disons 12 Fr., quitte à supporter la surtaxe à la réception. Voici un modèle de bordereau d’inscription des concurrents : 

Numéro NOM ADRESSE Point de chute Timbre de la poste et date faisans foi Distance parcourue du point de départ au point de chute Classement
           
           

 

 

Différents modes de gonflement des ballonnets 

1° Gonflement au gaz hydrogène : les ballons gonflés au gaz d’hydrogène ont une bonne force ascensionnelle, c’est là le mode de gonflement idéal. Il a malheureusement l’inconvénient d’être le plus onéreux. Un tube de 7 m3 permet de gonfler environ 350 ballons de taille moyenne. On trouve le gaz :

Dans la région parisienne :           Etablissements BOZEL MALETRA

                                                     9, rue de milan, 9

                                                     PARIS

Dans la région Ouest :                 Etablissements FILLON

                                                     12, rue Alsace-Lorraine, 12

                                                     PARTHENAY (Deux-Sèvres) 

2° Gonflement au gaz d’éclairage : Les ballons gonflés au gaz d’éclairage ont une bonne force ascensionnelle. On peut réaliser cette opération à l’aide d’un soufflet muni d’une tubulure spéciale que l’on branche sur le réseau gazier avec un tube en caoutchouc. Pour faciliter le gonflement, il est recommandé de fixer une des branches du soufflet sur le rebord d’une table, la tubulure d’admission de gaz dirigée vers le sol, ce qui permet de manœuvrer le soufflet de la main droite et de présenter le ballon à gonfler de la main gauche. Le débit de gaz étant généralement insuffisant pour obtenir un gonflement rapide, il est insuffisant pour obtenir un gonflement rapide, il est conseillé d’intercaler entre la canalisation de gaz et le soufflet une vielle chambre à air de voiture, exemple de trous et munie d’une seconde valve à l’opposé de la première, après avoir, bien entendu, enlevé les obus des valves. Cette chambre formera réservoir et facilitera le gonflement dans une large mesure. Dans les villes possédant une station de compression de gaz on peut faire remplir des tubes et procéder au gonflement dans les mêmes conditions qu’avec l’hydrogène. 

3° Gonflement à l’air : Les ballons gonflés à l’air n’ont, bien entendu, aucune force ascensionnelle et pour les maintenir dans la position verticale, il est nécessaire d’utiliser des tiges métalliques. Ces tiges qui mesurent 50 cm. de longueur totale, sont munies à leur partie supérieure d’une spirale sur laquelle on fixe les ballons préalablement gonflés à l’air. 

Lancer de Montgolfières : 

Attraction à situer vers le milieu de la fête. Acheter à cet effet dans des maisons spécialisées le nombre de montgolfières que l’on est susceptible de lancer. Disposer sur un portique deux à trois montgolfières reliées au montant du portique par une ficelle. Attacher l’extrémité supérieure de la montgolfière à la ficelle tendue horizontalement, l’ouverture tendue vers le bas. Gonfler les ballons avec de l’alcool à brûler répandu dans une poêle de ménage placée sous l’ouverture située à la base de la montgolfière. Au moment où celle-ci est gonflée et tendue : 

–          1° Accrocher un tampon d’alcool enflammé aux croisillons métalliques situés à la base du ballon.

–          2° Libérer la montgolfière en coupant la ficelle qui la retient. 

Prévoir deux ou trois montgolfières au cas où l’une d’elle prendrait feu (ce qui amuse d’ailleurs le public). 

Radio ambiance : 

Nous appellerons ainsi cette attraction amusante qui donne une atmosphère vivante à la kermesse et crée une ambiance euphorique. Utiliser à cet effet le pick up souvent inemployé. Il s’agit de trouver parmi les organisateurs une personne susceptible de faire le speaker connaissant bien le public et ayant la parole et l’élocution faciles. Ce speaker improvisé se tient caché tout en apercevant toute la kermesse (prévoir 15 à 20 mètres de fil à l’installation du pick-up pour donner au speaker un grand champ visuel). Il amusera l’attention du public avec des à-propos spirituels qu’il lance aux spectateurs ahuris. Ainsi il notera une arrivée tardive d’une notabilité, flattera la toilette d’une personnalité connue, etc…Le principe est de conduire ces apostrophé à la buvette, au bar, aux stands, et les contraindre à jouer ou à payer des tournées générales, pour des raisons les plus diverses et pour le plus grand bénéfice de l’organisation. Tous ces propos doivent être courtois et de bon goût, éviter toutes grossièretés. Rappeler par ce moyen aux responsables des stands leurs obligations et créer une émulation entre eux. Situer ces intermèdes vers 4 heures de l’après-midi. 

Radio crochet : 

Approcher le pick-up de la scène et organiser avec les amateurs locaux le radio crochet très connu. Le doter de prix.

 Course hilarante : 

Prendre une planche de 20 cm. de large et longue de 20 mètres environ. Les concurrents doivent se servir d’un antique vélo muni d’un très grand développement et rouler sans quitter la planche. Le speaker accompagnera ces évolutions pleines d’imprévu par des quolibets pour la plus grande joie du public. Une prime sera offerte au gagnant.

 Course aux valises : 

Préparer une dizaine de valises dans lesquelles on enfermera des costumes de divers genres, même quelques travestis féminins ; un numéro sur chaque valise permettra le tirage au sort parmi dix concurrents. Au signal donné, chacun s’empare de la sacoche échue, l’ouvre en hâte et s’affuble du costume qui s’y trouve. Inutile de souligner le comique de la scène : chaque part aussitôt vers un but déterminé comme pour une course ordinaire : on voit alors courir, grâce aux travestis, un gendarme, une nourrice, un pompier, un marquis, etc…, chacun plus ou moins empêtré dans son costume.

 Course aux tonneaux : 

Amener avant l’ouverture des jeux autant de barils vides qu’il y a de concurrents : les joueurs sont mis sur une ligne avec le tonneau devant eux. Au signal, chacun part en poussant le fût qu’il s’agit de mener jusqu’au but. 

Course aux chandelles, aux œufs :

 Chaque concurrent, au point de départ, tient une bougie allumée ; le gagnant est le premier arrivé à condition que sa bougie ne soit pas éteinte. Chaque concurrent peut tenir un œuf dans une cuillère : il faut arriver sans laisser tomber l’œuf. 

Course au chou à la crème : 

Placer sur autant de chaises que de concurrents un chou à la crème. Les concurrents placés à 20 mètres les mains liées derrière le dos, se précipitent à un signal sur les choux qu’ils doivent absorber. Le premier chou entièrement mangé désignera le gagnant. 

Nous citerons pour mémoire les autres courses qui peuvent être organisées :

–          course à la brouette avec grenouille.

–          Course au sac.

–          Course des garçons de café, avec plateaux et bouteilles.

–          Course des bonnes d’enfants, avec vieux landaus et grands personnages. 

Train de plaisir :

 Innovation heureuse de cette année : un petit train Decauville traîné par un tracteur et prêté par une entreprise voisine, circule autour de la kermesse. Il est aménagé pour que le public puisse s’y asseoir. 

Benne téléférique : 

Matériel prêté par des entreprises locales. Prendre des précautions de sécurité et prévenir les assurances 

Lâcher de pigeons : 

Si la localité possède une société colombophile, celle-ci se mettra en rapport avec une société similaire éloignée pour obtenir des paniers à claires voies remplis de pigeons voyageurs à lâcher le jour de la fête. Sinon ce seront les organisateurs eux-mêmes qui feront le nécessaire. L’envol simultané de centaines de pigeons dans le frou-frou gracieux de leurs ailes est un spectacle très coloré, très vivant. 

Théâtre de plein air : 

Ou théâtre de verdure, enfantin, avec ses places assises, les acteurs bénévoles grands ou petits, interprétant des saynètes et de courtes piécettes amusantes, chants et chœurs ou numéros de music-hall et de prestidigitation : radio crochet, paysannerie ou danses classiques, gymniques ou acrobatiques. Ces spectacles de bon goût et de bonne tenue s’adressent à tous, moyennant un droit d’entrée. 

ATTRACTIONS POUR ENFANTS 

Les enfants composent la partie la plus vivante, la plus turbulente, la plus expansive du public. Il convient de ne pas les oublier dans les attractions à monter. En voici quelques-unes qui s’adressent spécialement à eux : 

1° Balançoires : 

Axiales à plusieurs places, réalisables à l’aide de madriers fixés sur un axe en bois solide, basculantes avec sièges opposés à six ou huit places, évoluant à la façon d’un fauteuil ou cheval à bascule. Escarpolette.

Une surveillance incessante devra être exercée pendant le fonctionnement de ces jeux, pour éviter les accidents possibles. 

2° Manèges : 

Loués ou sommairement fabriqués et actionnés soit à la main, soit avec traction animale, soit par moteur électrique, avec places assises ou debout, tournant autour d’un axe. 

3° Guignol :

Une entente avec un professionnel est préférable à la réalisation de cette attraction par un amateur. C’est une charge épuisante qui exige endurance, compétence et à-propos pour faire vivre par les enfants les épisodes burlesques du théâtre Guignol. 

4° Promenades : 

A âne : Dans l’enceinte de la fête par de jeunes cavaliers improvisés, tout heureux de montrer déjà des qualités équestres. 

En voiture : Traînée par un poney, par un âne ou par des chèvres, comme nous l’avons vu parfois. Le responsable de l’attraction tient l’animal par la bride cependant que les jeunes voyageurs extériorisent bruyamment leur joie. Le circuit à effectuer peut emprunter une voie extérieure à l’enceinte du terrain. 

5° Concours de cerfs-volants : 

Confectionnés par les concurrents eux-mêmes. La longueur de ficelle utilisée classe les concurrents. 

6° Mâts de cocagne : 

Cette attraction fut à toutes les époques très en faveur dans les fêtes et réjouissances publiques. Pour en renouveler l’intérêt on peut remplacer le mât vertical par un mât horizontal, dûment savonné, qu’il s’agit de franchir d’un bout à l’autre et sans tomber.

                                          FETE DE NUIT 

Dans certains endroits on arrête la fête à la fin de l’après-midi. Dans d’autres, on la prolonge jusqu’à la nuit. Mais cette partie finale du programme doit être aussi minutieusement préparée que le reste, car le chiffre des recettes du soir dépend toujours de la qualité du spectacle promis. 

                                          Dîners champêtres 

Le dîner champêtre peut terminer une fête de jour, il peut servir aussi de liaison entre

la fin de la fête de jour et le spectacle de nuit. En effet beaucoup de spectateurs habitant

loin aiment se reposer d’une longue station debout et aspirent à goûter la quiétude de

douces soirées. Des tables isolées peu éloignées des bars et des buvettes peuvent

servir à des lunchs et permettre des réunions par affinités. Des repas seront souvent

fournis par des dons, ce qui sera un bénéfice appréciable pour l’organisation, et servis

par des personnes bénévoles ; on devra prévoir la possibilité, par exemple, de laisser

aux dîneurs les couverts comme prime. 

                                          Les entrées 

Les entrées seront payantes au même titre que celles de la fête de jour. Il y a lieu de

prévoir à ce sujet un service d’ordre et de ventes de tickets d’entrée, en place de bonne

heure pour éviter le resquillage. On n’oubliera pas non plus la vente échelonnée de ces

mêmes tickets avant la porte d’entrée, afin de décongestionner la vente aux guichets.

On pensera aussi à l’éclairage de ces derniers qui resteront ouverts jusqu’à une heure

avancée de la nuit. Comme on doit s’attendre à une véritable ruée du public à l’heure

d’ouverture des portes, un service d’ordre et de contrôle opérera avec célérité et énergie,

pour canaliser cette affluence, surtout si elle se produit en même temps que l’arrivée de

la retraite aux flambeaux, qui aura, automatiquement drainé sur son parcours, un grand

concours de population. 

                                          La Retraite aux Flambeaux 

De même que le défilé du tantôt est la publicité de la dernière heure pour la fête de

l’après-midi, de même la retraite aux flambeaux sera l’ultime réclame pour la fête du

soir. D’aucuns préfèrent que cette manifestation bruyante ait lieu la veille, afin de rap-

peler à tous la fête du lendemain. Nous préférons pour notre part, dans la mesure des

possibilités et des disponibilités,  la retraite aux flambeaux précédant immédiatement

la fête du soir. L’air de fête, d’allégresse et de liesse populaires qu’une retraite traîne

derrière elle, agit fort efficacement pour décider les hésitants. On résiste mal à l’appel

vibrant d’une musique dynamique, claironnante et joyeuse, surtout si on y ajoute

l’ambiance de bruits, de cris, de fantaisies qui suit le sillage lumineux des lampions,

flambeaux et autres lanternes de circonstance. On est pris, happé, englouti malgré soit

dans le tourbillon, et bon gré, mal gré, entraîné vers l’aboutissement normal de cette

journée de réjouissances populaires : la Fête de Nuit. 

                                          La Fête Vénitienne 

Si le site s’y prête et s’il existe une pièce d’eau, étang ou rivière, les organisateurs pourront

s’ingénier à monter une fête vénitienne qui connaît toujours un gros succès. Quelques

barques pavoisées de lampions aux multiples couleurs évolueront sur la pièce d’eau.

Dans une des embarcations, un chanteur à la voix chaude égrènera des romances dans

la nuit, pour le plus grand plaisir des auditeurs. Les barques avanceront lentement devant

le public, quelques-unes chargées de musiciens, d’autres de chœurs. Elles seront très

abondamment éclairées pour donner l’illusion et l’ambiance des douces nuits vénitiennes. 

                                          Les attractions du soir 

La place a reçu son éclairage de fête nocturne et d’un arbre à l’autre, d’un mât à l’autre,

un important contingent d’ampoules de toutes couleurs répand sa lumière, cependant

que la note anachronique et fantaisiste est donnée par les lanternes vénitiennes disséminées

dans les arbres. Les attractions spectaculaires nocturnes auront lieu sur l’espace limite

du podium, permettant un éclairage restreint en surface, mais violent (ampoules latérales

et axiales et projecteurs). Ainsi seront mis en relief les attitudes des groupes, les gestes

des acteurs. On peut prévoir face au podium des places assises moyennant un léger

supplément. Le pourtour de l’enceinte constituant les places debout. On pourra réaliser

dans ces conditions : 

–          des séances de cinéma de plein air, l’écran étant fixé sur la toile de fond de la

scène ; 

–          des séances théâtrales de plein air ou de Music-Hall, avec évolutions gymniques,

danses, ballets lumineux, acrobaties, pyramides, scènes comiques, etc … 

      –     des concerts instrumentaux  ou des chœurs chantés ou parlés. 

Des stands de la fête du jour, un petit nombre est adaptable à la fête de nuit, exceptés

les bars dont les recettes constitueront, le soir, un sérieux appoint financier. Si la tempé-

rature se rafraîchit on pourra prévoir des dégustations de café ou autres boissons chaudes

avec petits gâteaux. Une loterie bien éclairée peut aussi continuer de fonctionner avec

succès, ce sera le seul comptoir restant à la disposition du public. 

                                          Bataille de confettis 

La mise en poche des confettis se fera quelques jours avant  la fête. Un seul volume de

poche, un seul prix.

Tout étant à pied d’œuvre pour la vente, celle-ci durant peu,  devra atteindre rapidement

une intensité extraordinaire et être conduite par un personnel nombreux et très actif.

Quelques animateurs, dispersés dans la foule, seront d’ailleurs nécessaires pour donner

à cette bataille pacifique toute l’ampleur désirable et aussi tout le profit escompté.                               

 

                                          Feu d’artifice 

Les productions scéniques étant épuisées, la bataille de confetti terminée « faute de

munitions «, il reste maintenant la grande attraction tant attendue pour laquelle grands

et petits ont fait le sacrifice de leur sommeil ; c’est le Feu d’Artifice. Déjà,  pour tenir

les spectateurs en haleine, on aura depuis la tombée de la nuit, de temps à autres, et d’un

endroit à l’autre, allumé des feux de Bengale, dont les lueurs auront calmé l’attente des

plus impatients ; puis, vers 23 heures, les premières fusées partiront à l’assaut du ciel,

sous les regards admiratifs des badauds extasiés. Peu à peu l’éclatement des pétards,

les détonations des bombes, les cascades de feu, les pluies d’étincelles, les arabesques

lumineuses, et l’on applaudira toute cette féerie, toutes ces illusions, toute cette joyeuse

lumière évadées des pièces d’artifice. On trouve chez les grossistes spécialisés toute

une gamme de feux d’artifice d’importance diverses, selon leur variété, leur durée, leur

prix. Les conseils, les directives du spécialiste seront là plus qu’ailleurs une nécessité

pour établir une graduation dans l’émotion et le plaisir des spectateurs. 

                                          NOS DERNIERS CONSEILS

                                            AUX ORGANISATEURS 

Relevez, dans un rapport final, ce qui fut parfait d’organisation et de réussite et dont il convient de conserver l’agencement, ce qu’il faut transformer, modifier, réaménager pour en faire une chose acceptable et rentable ; ce qu’il faudra délibérément abandonner l’année suivante, car dans un fête de bienfaisance, tout est subordonné à un seul but : le résultat financier. Et puis pensez à l’avance, souvent, longuement à la fête prochaine, parlez-en à vos réunions de comité, suscitez de idées originales, des adaptations, des innovations. Notre petit livre aura, pour ce faire, une utilité incontestable, nous le souhaitons. Si nous avons réussi dans notre tâche, si nous avons été pour vous un conseiller averti, un guide sûr, si vous avez trouvé, grâce à nous, ce que vous cherchiez, ce sera pour nous la meilleure récompense.

Notre tâche est terminée, la vôtre commence. Et, du fond du cœur, amis connus et inconnus, nous vous crions : 

                           BONNE CHANCE…    et…    BONNES RECETTES… 

                                          JURISPRUDENCE

Voici quelques obligations légales et déclarations auxquelles sont astreints les organisateurs de kermesses publiques et payantes.

Environ un mois avant la fête, faire une déclaration : 

–          1°   Au Maire de la commune en indiquant le jour, l’heure et principales attractions, spectacle, objet de la Kermesse. 

–          2°   A la Société des Auteurs compositeurs dramatiques et de musique pour usage de toute œuvre appartenant à son répertoire. Cette Société a toujours un représentant dans le département. Nous rappelons que tous les droits sont dus pour toute exécution ou reproduction publique, y compris pick-up et radio ou toute œuvre du répertoire. 

     –    3°   Faire une déclaration aux Ponts et Chaussées pour construction d’Arc de Triomphe sur la voie publique et exposition de banderoles au-dessus des rues. 

     –    4°   Quelques jours avant la kermesse, demander l’autorisation au Préfet du département avec indication de l’objet de la kermesse, date, lieu et heure. 

De toutes ces déclarations obtenir un récépissé. 

    –    5°   Déclaration sur papier timbré au Receveur des Contributions indirectes le plus

proche, avec les mêmes renseignements que ceux précités. 

AFFICHAGE 

Un décret du 9 décembre 1948 dispense l’affichage du droit de timbre. Les affiches pourront être imprimées sur papier de toutes couleurs sauf sur papier blanc, réservé aux affiches officielles. N’apposer aucune affiche ou banderole sur les monuments publics et historiques classés.

La distribution des tracts et prospectus relatifs à la fête n’est soumise à aucune déclaration ni autorisation et ne connaît aucune restriction. 

IMPOTS ET FORMALITES

RELATIFS AUX ATTRACTIONS

EN STANDS DE LA KERMESSE 

Buvette : Les organisateurs devront obtenir l’autorisation écrite de l’autorité municipale, pour la création d’un café, bar ou buvette. Ils devront mentionner la création de cette buvette dans leur déclaration à la Recette buraliste. 

Comptoir de vente : l’installation de comptoirs de vente est entièrement libre. 

Patente : les ventes ne sont assujetties à aucune patente. 

Impôts sur les bénéfices : Les comptoirs de kermesse ne sont assujettis à aucune taxe sur les bénéfices des professions industrielles ou commerciales. 

Tir : S’assurer que la sécurité des spectateurs et des tireurs a été prise pour prévenir tout accident. Le Maire peut s’assurer que toutes les dispositions à ce sujet sont respectées. Ne pas omettre, dans le cas d’installation d’un stand de tir, de s’assurer contre les risques d’accidents survenant du fait. 

Assurances : Les Compagnies d’assurances donneront toutes indications dans des formules qu’elles ont élaborées spécialement pour les kermesses. La formule assurance forfait étant la plus pratique, s’adresser à ces compagnies qui tiennent des imprimés à la disposition des organisateurs. »

Livre Edmond Fillon

 

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